Voici encore une fois la preuve que l’hôpital public ne peut pas se séparer de milliers de praticiens car il mettrait en danger la vie des malades ! Il suffit au personnel de soins de s’unir et d’agir pour un seul objectif : la fin du pass sanitaire et de l’obligation vaccinale.



Faute de personnel, à Bordeaux, un salarié non vacciné a été rappelé pour travailler.

D’autres refusant encore l’injection occupent toujours leur poste, faute de contrôle.

Travailler au CHU de Bordeaux sans avoir été vacciné ? En théorie, depuis le mercredi 15 septembre 2021, et l’entrée en vigueur de la loi relative à la gestion de crise, c’est impossible. Mais dans la pratique… certains employés bénéficient déjà d’un petit délai.

« Manque de personnel »

Imposant aux professionnels de santé et agents hospitaliers de justifier de l’administration d’au moins une dose, la mesure relative au pass sanitaire se heurte, depuis son entrée en vigueur ce mercredi, à un écueil de taille : un hôpital public déjà en manque de personnel.

Résultat, au centre hospitalier bordelais « une infirmière non vaccinée a été rappelée pour venir travailler un week-end », relate Fabrice Boissimon représentant de la CGT à l’hôpital Haut-Lévêque à Pessac (Gironde).  Et des soignants et agents, réfractaires à la vaccination, qui passent entre les mailles du filet, faute de contrôles.

« Des notifications de suspension »

Minoritaires – pour ne pas dire marginaux-, le nombre d’agents et soignants non vaccinés ne devaient pas faire crisser les rouages de l’hôpital bordelais, estimait son directeur, Yann Bubien, le 8 septembre dernier, lors de la conférence de presse de rentrée : « le CHU de Bordeaux emploie plus de 14.200 équivalents temps plein et ce ne sont pas 100 à 200 personnes qui vont perturber son fonctionnement », affirmait-il.

Pour s’en assurer, la direction de l’établissement a déployé un portail interne sur lequel les salariés sont invités à déposer leur QR code. Ce vendredi 17 septembre, 85% du personnel y avait validé son pass sanitaire. Un chiffre « en croissance car beaucoup de régularisations se font ces jours-ci », précise ce vendredi le service communication de l’hôpital.

« Des suspensions qui touchent tous les métiers de l’hôpital »

Parmi les 15% n’ayant pas encore régularisé leur situation, plusieurs cas de figures. Des retardataires, sans doute. Du personnel non vacciné ayant déjà reçu une notification de suspension, dont le syndicat Sud Santé a dévoilé une copie. « Des suspensions qui touchent tous les métiers de l’hôpital « , souligne Franck Olivier, représentant Sud -Santé au CHU.


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Et certains agents et soignants, vaccinés ou non, refusant de souscrire à « cet outil de contrôle », pointe ce jour Fabrice Boissimon : « Personnellement, je suis vacciné mais pas inscrit sur la plateforme. Personne n’a encore contrôlé ma situation, tout comme mes collègues non vaccinés, qui continuent à venir travailler ».

Le délégué syndical fait aussi état du cas d’une infirmière non vaccinée, sollicitée pour revenir travailler un week-end, faute de remplaçant. « Avec le DRH, nous lui avons évidemment conseillé de ne pas revenir. Ce qu’elle a fait ».


Photo d’illustration : Des non vaccinés encore en poste au CHU de Bordeaux (©DR)

Actu Bordeaux

17 et 19 septembre 2021