Il a fallu que La Croix et ses 10 millions d’euros annuels de subventions publiques commande ce sondage pour comprendre pourquoi cette subvention leur est justement vitale : car personne ne les lit et que sans cet argent ils ne seraient plus là ! Point. Les journalistes sont assimilés aujourd’hui à des auxiliaires du régime actuel, c’est un fait. Ce n’est pas un hasard si les manifestants les insultent régulièrement en les traitant de « complices » et de « collabos ». sans oublier que les éditocrates présents sur les plateaux télé depuis 30 ans ont multiplié les fausses expertises et les erreurs (soutien de l’union européenne, soutien des traités, soutien des régimes, soutien des guerres, soutien de l’ultralibéralisme sauvage…) et qu’ils continuent de nous balancer leurs avis inutiles sans prendre en considération leurs échecs spectaculaires.

De toute façon, la presse a été achetée à 90% par 9 oligarques milliardaires qui dictent leurs lois ou l’imposent petit à petit via une dictature soft et un filtrage qui exclura toute personnalité dissidente. C’est de cette façon que cela fonctionne aujourd’hui dans les rédactions parisiennes et régionales.



Dans le 32e Baromètre de la confiance des Français dans les médias réalisé par Kantar pour La Croix, la crédibilité accordée aux différents supports et la perception de l’indépendance des journalistes sont au plus bas.

Cependant, l’intérêt pour l’actualité remonte après trois années de baisse.

Insultes, menaces de viol, jets de projectiles, coups, scènes de lynchage… Après plusieurs agressions de journalistes, des agents de protection accompagnent des équipes de télévision ou radio lors de mobilisations de gilets jaunes. Une « escalade de la haine » dénoncée par l’ONG Reporters sans frontières, qui héberge sur son site la pétition #Libresdinformer, lancée par des collectifs de journalistes et de citoyens pour défendre le droit d’informer.

Sans surprise, dans ce contexte de crise sociale où la presse est prise à partie, les indicateurs du 32e Baromètre de la confiance dans les médias réalisé par le groupe Kantar pour La Croix sont en berne. Si l’intérêt pour l’actualité remonte (à 67 %, + 5 points), les journalistes sont jugés indépendants par seulement un quart des sondés et la confiance envers les différents médias est au plus bas.

 

Plus d’intérêt pour l’actualité, autant de suspicion à l’égard<br/>des journalistes. L’intérêt porté à l’actualité, qui avait chuté de<br/>14 points entre 2015 et 2018, remonte à 67 %, mais tombe à 49 %<br/>pour les 15-24 ans et à 51 % pour les moins diplômés. Toujours<br/>un quart seulement des sondés jugent que lesjournalistes<br/>sont indépendants du pouvoir et de l’argent.

La radio, traditionnellement jugée comme le moyen d’information le plus fiable, sort à peine la tête de l’eau (avec 50 % de niveau de confiance, – 6 points sur un an), devant la presse écrite (à 44 %, – 8 points), la télévision (à 38 %, – 10 points), et Internet (à 25 %, comme en 2018).


La confiance envers les médias, qui était remontée l’an dernier, chute un an plus part, particulièrement pour la télévision (à 38%, - 10 points), qui atteint comme pour la radio (à 50%, -6) et la presse écrite (à 44%, - 8) ses plus bas niveaux historiques. Alors qu’Internet demeure jugé fiable par un quart des sondés.


La confiance envers les médias, qui était remontée l’an dernier, chute un an plus part, particulièrement pour la télévision (à 38%, – 10 points), qui atteint comme pour la radio (à 50%, -6) et la presse écrite (à 44%, – 8) ses plus bas niveaux historiques. Alors qu’Internet demeure jugé fiable par un quart des sondés.

« Le mouvement des gilets jaunes a eu un effet dévastateur sur la télévision, qui est à son plus bas niveau historique », souligne Carine Marcé, directrice associée à Kantar Public (ex TNS Sofres), notamment auprès des 18-24 ans (28 %) et des employés (29 %), deux catégories globalement très méfiantes.

« Les “intellos” n’ont pas les mêmes sources d’information que les milieux populaires »

Paradoxalement, les médias auxquels les Français accordent le moins de confiance sont ceux qu’ils utilisent le plus pour s’informer. La télévision (citée par 46 % des sondés, – 2 points) reste en tête, devant Internet (29 %, + 3 points).


Visactu pour La Croix


On ne s’informe plus de la même façon selon l’âge et le niveau socioculturel. « Il y a un décrochage important entre les milieux culturels et les niveaux d’éducation, observe le sociologue Jean-Marie Charon. Les plus âgés et les moins diplômés regardent encore très majoritairement le petit écran. Les “intellos” n’ont pas les mêmes sources d’information que les milieux populaires : ils écoutent la radio et s’informent sur les sites de la presse écrite et auprès des médias créés sur Internet. Il y a bel et bien une information à deux vitesses, qui pose plus que jamais le débat de la qualité de l’information. »

Gilets jaunes, « les réseaux sociaux sont eux-mêmes des lieux de lutte »

Cette fracture médiatique s’est encore accentuée à l’occasion du mouvement des gilets jaunes. Interrogés sur leurs modes d’information lors de cette crise sociale, les sondés citent dans l’ordre les journaux télévisés des chaînes généralistes (à 64 %, et très majoritairement chez les moins diplômés), suivi de la radio (à 38 %, citée à 57 % chez les cadres) et des chaînes d’infos (à 37 %), de Facebook (26 %, surtout chez les jeunes et les employés), des grands titres de la presse quotidienne (17 %, contre 31 % chez les cadres), des sites et applications de la presse écrite (15 %), des médias uniquement en ligne comme Mediapart (à 6 %, et jusqu’à 10 % chez les plus diplômés).



Sur le fond, un petit tiers des Français (32 %) se déclarent satisfaits de la couverture médiatique de cette crise sociale, alors qu’une moitié (51 %) la juge mauvaise. De loin, les plus mécontents sont ceux qui s’informent sur Internet (à 61 %) et les sympathisants de La France insoumise (67 %) et du Rassemblement national (66 %).

Une plus grande convergence apparaît dans l’appréciation détaillée du traitement de ce mouvement. Si huit Français sur dix (79 %) estiment que « les médias ont donné la parole à des personnes qu’on ne voit pas d’habitude à la télévision », sept sur dix (67 %) reprochent aux médias d’avoir dramatisé les événements et une grosse moitié d’avoir « trop laissé de place à des gens qui expriment un point de vue extrême » (à 52 %) et insuffisamment « permis de bien comprendre ce qui se passait » (à 54 %).

23 % des sondés justifient les critiques et l’agressivité envers les journalistes

Interrogés sur les critiques et l’agressivité provenant d’une minorité de manifestants envers des journalistes, un petit quart des sondés (23 %) les jugent justifiées, une majorité (39 %) « pas vraiment », et un tiers (32 %) « pas du tout ».

Les médias, cibles récurrentes des « gilets jaunes »

La condamnation de ces agissements est assez unanimement partagée dans la population, avec toutefois de fortes différences selon les préférences partisanes, les plus prompts à justifier ces actes se trouvant chez les sympathisants du RN (à 43 %) et de LFI (à 30 %), et chez ceux qui ont participé aux blocages ou manifestations des gilets jaunes (à 49 %).

« Le public engagé dans ce mouvement social, issu majoritairement des couches populaires, s’informe davantage par la télévision et les réseaux sociaux, et a un rapport à l’information très marqué par l’insatisfaction, le doute et la perte de confiance », souligne Jean-Marie Charon.


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L’utilité du métier n’est cependant pas niée. Critiqués voire honnis, les journalistes arrivent en tête des acteurs « qui devraient agir contre la propagation des fake news (ou infox, NDLR) » (à 37 %), devant les organes de contrôle des médias (35 %), les citoyens eux-mêmes (31 %) et le gouvernement (23 %).

Un manque de terrain et un trop-plein de « journalisme de commentaire »

À travers les critiques exprimées et les réponses faites à ce baromètre transparaît une demande d’évolution dans les modes de traitement (meilleure représentation de la diversité de la société et des opinions, moins de sensationnalisme, plus d’attention portée à la qualité des invités…) et la hiérarchisation de l’information (plus de sujets concernant les grands enjeux de société comme l’environnement et le vivre-ensemble, moins de sujets politiques comme l’affaire Benalla).



À la faveur du mouvement, ces débats sont entrés dans les rédactions. Dès la mi-décembre, Laurent Guimier, le vice-PDG d’Europe 1, et son conseiller Guy Birenbaum faisaient leur « média culpa » dans une tribune aux Échos, confessant un manque de terrain et un trop-plein de « journalisme de commentaire », et invitant les médias à se « réinvestir dans des missions » délaissées. Des discussions ont également été ouvertes à TF1 ou BFMTV.



Une consultation a été lancée au sein de la radio France Info, qui possède sa propre agence de vérification. « Si les violences sont inexcusables, il est indispensable, sain et utile qu’un débat et un dialogue aient lieu


Photo d’illustration : Place de l’Opéra, à Paris, pendant l’acte V du mouvement des gilets jaunes, le 15 décembre 2018 / Denis Meyer/Denis Meyer

Aude Carasco – La Croix