Le 19 octobre 2025, des cambrioleurs ont réussi à voler des bijoux estimés à 88 millions d’euros à la galerie d’Apollon du Louvre en seulement 3 minutes (9h35-9h38). Munis de disqueuses, ils ont percé les vitrines par le bas en donnant des coups d’épaule et de coude pour créer des orifices et glisser leurs mains à l’intérieur.
Malgré les déclarations de la présidente Laurence des Cars sur des vitrines « de haute sécurité », une enquête de Libération révèle que les équipements n’étaient pas aux normes les plus élevées. Les vitrines, installées en 2019 par l’entreprise grecque Muevo pour 433 000 euros, répondaient aux normes EN 356 (classe P6B-P8B) résistant aux coups de masse, et possiblement EN 1063 contre les balles.
Il manquait la norme EN 1627 (classe RC5), qui teste la résistance de l’installation complète (verre, montants, charnières) contre des outils électriques comme les disqueuses pendant au moins 15 minutes, n’a pas été exigée dans l’appel d’offre. Cette norme est pourtant utilisée pour des objets de très haute valeur comme l’Agneau mystique à Gand (Belgique).
Les experts pointent aussi l’absence de vitrines escamotables type « coffre-fort », standard en haute joaillerie, où les bijoux tombent automatiquement dans un coffre scellé au sol en cas d’alerte. Jacques Morel (Union française de la bijouterie) estime que pour des pièces de cette valeur, ce niveau de sécurité aurait dû être obligatoire. C’est ce système qui existait avant au Louvre et qui a été retiré !
Le musée se défend en affirmant que ces vitrines représentaient « un progrès considérable » par rapport aux anciens équipements manuels obsolètes. Mais le constat est accablant : des bijoux de 88 millions protégés par des vitrines inadaptées face à une attaque à la disqueuse, alors que les normes existantes permettaient d’anticiper ce type d’effraction.
Non seulement l’épaisseur du verre était cinq fois inférieure, passant de 5 cm à 1 cm, afin d’avoir une meilleure luminosité (sic) selon la nouvelle direction du Louvre, mais de surcroît, le mécanisme escamotable a été retiré ! Bien entendu, personne ne sera tenu pour responsable de cette faillite comme toujours en France depuis une bonne dizaine d’années maintenant. Laurence des Cars, directrice actuelle du musée, sera même félicitée ! En marche sur la tête.


























