Un courrier menaçant signé d’un président de région. Une photo de Gaza effacée d’un festival normand. En quelques mois, deux affaires distinctes révèlent un même malaise : la culture française plie de plus en plus souvent sous la pression politique du lobbying sioniste. Et le plus troublant n’est pas la censure elle-même, mais le silence qui l’entoure d’habitude. Le pays leader mondiale du moralisme droidelomiste s’effondre sous nos yeux.
Tout part d’un texte lu après les représentations du spectacle Taire, de la metteuse en scène Tamara Al Saadi. À La Criée de Marseille et pendant le Festival d’Avignon, cette prise de parole sur Gaza a pu se faire sans encombre. En revanche, trois théâtres l’ont empêchée : ceux d’Aix-en-Provence, de Toulon et de Nice. Personne, pendant des mois, n’a su pourquoi.
La réponse tient dans un courrier que Mediapart a pu consulter. L’hypocrite et autocrate Renaud Muselier, président de la région Paca, y qualifie le texte lu d’« antisémite » et suspend, dans la foulée, tout financement à ExtraPôle, le dispositif qui soutenait le spectacle. Une sanction immédiate, sans attendre la moindre clarification. Interrogé sur ce qu’il jugeait antisémite dans ce texte, le président n’a toutefois jamais répondu. Pas de tribunal, pas de jugement, juste de la censure administrative à l’ancienne, celle qui caractérise les dictatures. Il pense que l’argent de la région lui appartient !
Dès le lendemain de l’envoi de la lettre, Tamara Al Saadi reçoit un appel resté sur haut-parleur. Elle découvre alors qu’une réunion d’urgence rassemble les principaux directeurs de théâtre de la région, tous inquiets pour leurs subventions. Certains évoquent la déprogrammation de son spectacle si elle persiste à lire son texte. Ainsi naît l’autocensure : non pas par conviction, mais par crainte de représailles financières.
Rebelote : censure sioniste à Deauville !
À des centaines de kilomètres de là, un autre épisode éclate au grand jour. Le maire de Deauville fait retirer, discrètement et sans préavis, une photographie du photojournaliste gazaoui Jehad Alshrafi. Le cliché montrait un simple match de football au milieu d’immeubles détruits, exposé dans le cadre d’un festival dédié au sport. Officiellement, la mairie invoque un risque de trouble à l’ordre public !!! (sic). On n’a même pas le droit de montrer la destruction de Gaza !
Cette justification ne résiste pourtant pas à l’examen des juges. Saisi en référé liberté par l’Observatoire de la liberté de création, le tribunal administratif de Caen tranche sans détour fin août : le retrait constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté artistique. Aucun incident concret, note le juge, ne venait étayer la crainte d’un désordre public.
Ces deux affaires racontent finalement la même histoire. D’un côté, un pouvoir politique qui utilise le levier budgétaire ou administratif pour faire taire une parole artistique liée à Gaza. De l’autre, des institutions culturelles qui préfèrent, la plupart du temps, se plier plutôt que de résister publiquement. Tamara Al Saadi le résume avec amertume : elle se demande pourquoi aucune direction puissante n’a défendu sa prise de parole avant elle.
Même l’ambassade britannique a été censurée sur les réseaux sociaux pour un post considéré pour gênant pour l’entité sioniste ! Cette maudite censure est partout : politique, institutionnelle, judiciaire, préfectorale, médiatique… c’est un désastre. L’Occident est en train de sombrer dans la dictature et il reste pourtant arrogant et ose donner au monde des leçons de démocratie et de droidelomisme à coups de bombardements et de coups d’états…
Reste une question, plus large encore, que pose cette séquence : combien d’autres pressions similaires restent invisibles, faute d’un courrier qui fuite ou d’un juge qui tranche ? Car pour chaque scandale révélé, combien de directeurs cèdent en silence, sans qu’aucune trace n’en subsiste jamais ?




























