Voici un énième exemple du bourbier dans lequel patauge la France depuis maintenant assez longtemps, ce coup-ci il s’agit de la lourdeur de l’administration qui va faire de gros dégâts et sera responsable d’un certain nombre de morts inutiles. Comment est-ce possible d’empêcher un professionnel de ce niveau de compétence de produire des tests de dépistage du Coronavirus, sachant que le pays en manque cruellement ? Cela démontre également l’absence totale de coordination avec les services du ministère de la santé qui auraient dû lui venir en aide et lui permettre de ne pas perdre de temps avec ces considérations d’ordre administratif, cette paperasserie chronophage totalement inutile.


Faute d’autorisation, un chercheur à la tête d’un laboratoire de recherche public de Lille s’est vu refuser de produire des tests de dépistage du Covid-19, alors que le pays en manque.

Il n’est pas le premier à s’insurger contre les lourdeurs administratives malgré l’urgence sanitaire liée au coronavirus. Philippe Froguel raconte son amère expérience à France Inter .

Ce généticien est à la tête d’un laboratoire de recherche public du CHRU de Lille, qui pratique régulièrement des tests PCR, utilisés notamment pour la grippe mais aussi pour dépister le Covid-19. Le 10 mars, face à l’ampleur de l’épidémie en France, il propose de fabriquer ces tests à condition de disposer des ingrédients nécessaires.

Réponse de l’administration : Il faut respecter les procédures, seul un biologiste médical étant officiellement habilité à lire les résultats, alors que le laboratoire de Philippe Froguel le fait depuis des années. Celui-ci espère toujours que sa demande aboutira.

Plusieurs laboratoires concernés

Mais les centres hospitaliers de Lille (Nord) et Mulhouse (Haut-Rhin) ne disposent désormais plus de stocks d’enzymes, essentiels à l’élaboration des tests. On a perdu peut-être quinze jours, déplore le chercheur. On aurait pu commander des réactifs (ingrédient nécessaire au test N.D.L.R.) et ça nous aurait permis de faire environ 600 tests par jour, quand la France en fait entre 2000 et 4 000 par jour.

Un cas qui ne serait pas isolé. Une biologiste retraitée de l’hôpital Necker, Christine Rouzioux, interrogée par France Inter, estime que les autorités sanitaires gagneraient à faire preuve de davantage de souplesse dans la lutte contre le SARS-CoV-2. Il faut que le gouvernement entende que d’autres laboratoires pourraient travailler au sein de communautés de biologie médicale, avec des procédures communes et en s’organisant.


Photo d’illustration : Les tests de dépistage commencent à manquer  | DADO RUVIC / REUTERS

Ouest-France

25 mars 2020