L’État français accumule les fiascos informatiques depuis plus de vingt ans. Ces échecs successifs ont coûté plusieurs milliards d’euros aux contribuables. Ils révèlent des dysfonctionnements structurels dans la gestion des grands projets numériques publics.
Tous ces projets partagent les mêmes défauts structurels qui expliquent leur échec. Les coûts finaux sont systématiquement multipliés par quatre à dix par rapport aux estimations initiales. Les délais explosent également de manière spectaculaire. Les concepteurs ignorent systématiquement les besoins réels des utilisateurs finaux.
La gouvernance de ces projets se révèle défaillante à tous les niveaux. Aucun pilotage interministériel efficace n’existe pour coordonner ces chantiers gigantesques. Les prestataires privés profitent de cette désorganisation pour multiplier les coûts et se gaver d’argent magique avec la complicité de politiciens corrompus.
Le coût total de ces échecs dépasse largement les cinq milliards d’euros. Cette somme colossale aurait pu financer des hôpitaux, des écoles ou des infrastructures. Au lieu de cela, elle a enrichi des entreprises privées sans produire de résultats concrets. Aucune sanction n’a été appliquée malgré la répétition des scandales et les milliards dilapidés ! Qui peut croire que c’est juste une question de mauvaise chance ou d’incompétence ?
10 personnes + IA suffiraient amplement
Ces projets ne nécessitent pas des armées de consultants à 1200€/jour. Le problème n’est pas technique, il est politique et bureaucratique. L’État français préfère enrichir quelques grandes entreprises du CAC40 plutôt que de faire appel à des PME compétentes qui coûteraient 100 fois moins cher. Le scandale n’est pas l’échec technique, c’est le système de corruption légale des marchés publics.
1. LOUVOIS (Armée)
- Nom complet : Logiciel Unique à Vocation Interarmées de la Solde
- Période : Lancé en 1996, déployé à partir de 2011, abandonné en 2013
- Coût : 470 millions d’euros (80 millions de développement + 465 millions d’erreurs de calculs en 2012)
- Objectif : Unifier le calcul de la rémunération des militaires
- Résultat : Plus de 60 000 militaires ont reçu des trop-perçus, retards massifs, militaires non payés pendant des mois
2. ONP (Opérateur National de Paye)
- Nom complet : Opérateur National de Paye / SI-Paye
- Période : Lancé en 2007, abandonné en 2014
- Coût : 346 millions d’euros
- Objectif : Système de paie unifié pour tous les fonctionnaires de l’État
- Résultat : Valeur d’usage nulle, jamais mis en service après 7 ans de développement
3. SIRHEN (Éducation Nationale)
- Nom complet : Système d’Information des Ressources Humaines de l’Éducation Nationale
- Période : Lancé en 2007, arrêté en 2018
- Coût initial : 80 millions d’euros
- Coût final : 400 millions d’euros
- Objectif : Gérer les RH et la paie du personnel de l’Éducation Nationale (1,1 million d’agents)
- Résultat : Ne concernait que 2% des agents avant son abandon
4. ARPÈGE (Assurance Maladie)
- Nom complet : Autorisation des Règlements des Prestations En espèces Généralisées
- Période : Déployé en octobre 2024, abandonné en octobre 2025
- Coût : 37 millions d’euros
- Objectif : Gérer les indemnités journalières pour arrêts maladie et accidents du travail
- Résultat : Près de 15 000 personnes sans ressources pendant plus de deux mois, bugs empêchant le traitement correct des dossiers, abandon après seulement 1 an
5. CASSIOPÉE (Justice)
- Nom complet : Chaîne Applicative Support du Système d’Information Orienté Pénal Étendu aux Échanges
- Période : Déployé progressivement à partir de 2008
- Coût : Plusieurs centaines de millions d’euros
- Objectif : Refondre le système d’information de la chaîne pénale
- Résultat : Application éloignée des attentes des utilisateurs, largement ignorées dans la conception
6. SCRIBE (Police)
- Nom complet : Système de dépôt de plaintes
- Période : Développé pendant 4 ans, abandonné en 2025
- Coût : 12 millions d’euros
- Objectif : Faciliter le dépôt de plaintes
- Résultat : Abandon complet après quatre ans de développement
7. CHORUS (État – Finances publiques)
- Nom complet : Système d’information financière de l’État
- Période : Créé en 2007, déployé à partir de 2012
- Coût estimé : Plus de 1 milliard d’euros (développement et maintenance)
- Objectif : Piloter les dépenses de l’État dans le cadre de la LOLF
- Résultat : Déploiement difficile, complexité excessive, lourdeur d’utilisation régulièrement dénoncée (bien que toujours en service, considéré comme un semi-échec)
8. HÉLIOS (Collectivités locales)
- Nom complet : Application de gestion comptable et financière des collectivités locales
- Période : Déployé progressivement à partir de 2010
- Coût : Plusieurs centaines de millions d’euros
- Objectif : Moderniser la gestion comptable des collectivités
- Résultat : Déploiement chaotique, complexité excessive, nombreuses difficultés d’utilisation
9. ELISE (Impôts)
- Nom complet : Échange de données informatisées
- Période : Années 2000-2010
- Coût : Plusieurs dizaines de millions d’euros
- Objectif : Moderniser les échanges avec les entreprises
- Résultat : Système complexe et peu ergonomique, nécessitant plusieurs refonte
10. RAVEL (Police)
- Nom complet : Recueil Automatisé pour une Verbalisation Électronique et Légale
- Période : Lancé dans les années 2010
- Coût : Plusieurs dizaines de millions d’euros
- Objectif : Moderniser le système de verbalisation
- Résultat : Bugs récurrents, lenteurs, protestations des forces de l’ordre
Points communs de ces échecs :
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Coûts multipliés par 4 à 10 par rapport aux estimations initiales,
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Délais largement dépassés,
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Besoins des utilisateurs ignorés lors de la conception,
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Complexité technique sous-estimée,
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Gouvernance de projet défaillante,
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Absence de pilotage interministériel efficace,
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Jamais aucune sanction quelle que soit la perte !



























