Cet article du Monde dément et ridiculise les analyses foireuses du pseudo démocrate Kamel Daoud et de tous ceux qui affirmaient que le Hirak algérien était mort. Effectivement, le boycott massif et historique du référendum constitutionnel démontre l’inverse et concerne la totalité du territoire algérien, y compris la diaspora.  Ce résultat ridiculise également les discours de Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, autre traître du Hirak, cachiriste qui a soutenu le référendum et diabolisé les hirakistes.

Qoulna yetnahhaw ga3 !


Si le oui l’a emporté lors du référendum constitutionnel, le boycott massif des électeurs est un camouflet pour le régime et peut redonner un souffle au mouvement de protestation spontané et pacifique contre le système.

Éditorial du « Monde ». Fiasco électoral mais potentielle bonne nouvelle pour la démocratie. Le bilan du référendum constitutionnel organisé dimanche 1er novembre en Algérie tient dans ce paradoxe. Pour un régime à bout de souffle qui espérait se relégitimer, le boycott massif des électeurs constitue un camouflet.

Mais, pour les militants du Hirak, ce mouvement de protestation spontané et pacifique contre le système, qui appelaient à déserter les bureaux de vote, le fait que seuls 23 % des Algériens soient allés voter – le taux de participation le plus faible depuis l’indépendance, en 1962 – apparaît comme une revanche aussi silencieuse qu’éclatante. Certes, le oui l’a emporté à 66,8 %, mais le refus des trois quarts des Algériens de participer au référendum dit l’ampleur du rejet populaire dont fait l’objet l’initiative du président Abdelmadjid Tebboune.

La simple reconnaissance par les autorités du taux de participation calamiteux ressemble à un tournant, dans un pays où les statistiques électorales semblent souvent provenir davantage de conclaves de généraux que des urnes. Cette transparence inhabituelle constitue une première victoire pour le Hirak. Le pouvoir, qui pensait contourner l’obstacle de la contestation de rue, déjà mise en veilleuse pour cause de Covid-19, sort en réalité fragilisé du référendum et contraint d’admettre son propre déficit de légitimité. Les vidéos des bureaux de vote déserts, diffusées sur les réseaux sociaux, ne lui laissent pas le choix.

Un immense défi

Le scrutin sonne comme un retour aux fondamentaux du Hirak, d’autant que le président Tebboune, hospitalisé en Allemagne probablement pour avoir contracté le Covid-19, n’était même pas présent en Algérie le jour du vote, ce 1er novembre hautement symbolique marquant l’anniversaire de l’insurrection de 1954 contre la colonisation française. Jamais, depuis l’indépendance, le système algérien, où les militaires tirent dans l’ombre les ficelles du pouvoir, ne s’est autant trouvé sur la défensive.


Photo d’illustration :Ouverture des urnes après le vote au référendum constitutionnel, dimanche 1er novembre, à Alger. RYAD KRAMDI / AFP

Le Monde

3 novembre 2020