On savait déjà que la presse hexagonale censurait l’information sur les événements en cours en Algérie puisqu’elle ne traitait jamais ou presque de la révolution populaire qui se déroule depuis le 22 février 2019 tous les vendredis et mardis avec la mobilisation de dizaines de millions de personnes sur tout le territoire algérien. Mais là, le Figaro va aller encore plus loin en réalisant une interview lamentable d’Abdelmadjid Tebboune, l’actuel faux président choisi et installé par la junte militaire corrompue.

On savait déjà que cette presse de caniveau ne devait sa subsistance qu’aux subventions publiques que l’État verse chaque année, 6 456 112 € pour le Figaro en 2015 par exemple. On comprend mieux pourquoi cette presse ne se vend pas et pourquoi il lui est essentiel d’encaisser des subventions publiques et des aides fiscales pour survivre et poursuivre sa propagande.

Il suffit de lire le titre que va diffuser le Figaro sur les réseaux sociaux et sur ses plateformes numériques pour se rendre compte de l’absurdité et de la qualité lamentable de leur travail. Comment peuvent-ils oser reprendre les propos de Tebboune qui explique qu’il va « moraliser » la vie politique algérienne alors que son propre fils Khaled, impliqué dans l’affaire de blanchiment d’argent du trafic de drogue, croupit en prison ! Comment peut-il s’attaquer à un tel fléau alors qu’il est lui-même impliqué dans différentes affaires de corruption et notamment celle de la banque Khalifa ? Tout ceci n’est pas très sérieux et démontre au mieux l’incompétence par ignorance de ses journalistes, au pire, leur complicité.

Ensuite, on va apprendre de la bouche de Tebboune qu’il n’y a plus de mafia politique au pouvoir puisque « Les têtes les plus visibles de l’ancien système » seraient tombées ! Curieusement le couple de journalistes, particulièrement complaisant, va « omettre »  de lui rappeler qu’il faisait partie de ce même système corrompu ! Sans oublier que le parrain du système corrompu mis en place les 20 dernières années, Abdelaziz Bouteflika, est toujours en liberté, on se demande bien pourquoi ! Au même moment, aux USA, le Washington Post affirme l’inverse en informant ses lecteurs que rien n’a changé en Algérie malgré une année de révolte populaire !

Ensuite il sera question de la constitution puisque Tebboune a mis en place un atelier de réécriture de la constitution animé par des spécialistes sauf que ce sont ces mêmes « spécialistes » qui avaient dénaturé cette même constitution du temps de Bouteflika ! Là encore, le couple de journalistes n’a pas eu l’intelligence de poser la bonne question.

Mais là où on frise le ridicule c’est la question portant sur l’ingérence politique de la junte militaire. Ici, Tebboune fera preuve d’une chutzpah assez phénoménale en affirmant : « L’armée accomplit ses missions constitutionnelles, elle ne s’occupe ni de politique, ni d’investissement, ni d’économie » ! Il fallait l’oser ! Qui peut croire à de telles sottises ? Tebboune a même essayé de faire croire qu’il a été élu de façon transparente et honnête alors que la planète entière sait que les résultats ont été gonflés et trafiqués.


Encore une fois, les médias français ainsi que la caste politique se sont rendus complices de la junte mafieuse qui a pillé l’Algérie.


Ensuite, Tebboune va nous sortir un argument qui revient très souvent dans la bouche des médiocres et des incapables : « Aucun État moderne ne s’est bâti en une génération. » ! Sauf que l’Algérie est indépendante depuis près de 60 ans, ce qui fait trois générations, et pourtant elle est toujours extrêmement en retard à cause justement d’une gestion catastrophique par une junte militaire incompétente et vorace.

Mais comme le pire ne déçoit jamais, concernant la crise économique à venir, Tebboune va nous expliquer avec des généralités absurdes qui n’ont absolument aucun sens, qu’il peut compter sur la jeunesse, les start-up, les TPE et les PME pour mettre en place son programme économique !

Concernant les rapports avec la France, au lieu de parler de la mafia maçonnique qui a détruit le pays, au lieu de parler de Total et de tant d’autres scandales, Tebboune va nous expliquer qu’il existe un lobby marocain puissant en France qui travaille contre les intérêts de l’Algérie ! Pourquoi pas ; sauf que l’on ne voit pas en quoi ce serait une question prioritaire. D’ailleurs, il est incapable de condamner l’agression militaire de la Libye par la France qui a conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi et à l’explosion de l’arrivée des migrants sur les côtes européennes. La déstabilisation de la Libye est d’ailleurs une question très importante voire cruciale pour la sécurité de l’Algérie quand on considère les 1000 km de frontière commune à ces deux pays.



Juste à côté de l’article principal de l’interview de Tebboune, un autre article sera publié avec un titre qui a certainement dû faire plaisir à la junte au pouvoir ainsi que sa façade civile : « En un an, la révolte algérienne du Hirak est passée de l’espoir à la désillusion » ! Rien de tel pour essayer de faire croire que le Hirak s’est affaibli et que les manifestants sont rentrés chez eux totalement démoralisés, comme a essayé de le faire croire d’ailleurs le très mauvais Kamel Daoud. Pourtant, vendredi 21 février dernier des dizaines de millions d’Algériens sont sortis à l’occasion du 53e acte du Hirak puis le lendemain pour fêter l’anniversaire de l’An I de cette révolution populaire pacifique historique. Mentir à ce point, nier le réel de cette manière démontre à quel point les élites politicomédiatiques sont perdues et ne savent plus quoi faire.

Encore une fois, les médias français ainsi que la caste politique se sont rendus complices de la junte mafieuse qui a pillé l’Algérie. Que la complicité soit passive ou active, cela ne change rien à la gravité de la situation. Que la presse censure ce qui se passe en Algérie depuis un an ou qu’elle ponde un article aussi tendancieux et pathétique, en donnant la parole à un membre de la mafia Bouteflika et en lui posant des questions à ce point stupides ne changera rien à l’affaire, l’Histoire s’en souviendra. Tout ceci n’est rien d’autre que de la pure propagande soutenue par l’argent public afin de maintenir le peuple dans l’ignorance lorsqu’il y a censure et de le manipuler lorsqu’il lit les mensonges de la presse.

Pour finir, deux points nous semblent importants à analyser. Premièrement, toute la propagande démocratique et droidelomiste de la caste médiaticopolitique s’écroule et n’a plus de raison d’être. Ce n’est rien d’autre qu’un discours creux et hypocrite qui n’a aucun lien ni rapport avec le monde réel. Ce constat étant réalisé, il est utile de rappeler à tous les naïfs et autres faux démocrates algériens qui veulent tant ressembler, dans un réflexe de psittacisme pathologique, au modèle français, que ce dernier n’existe pas et qu’il faudra viser plus haut et exiger mieux pour la future nation algérienne.


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