Le 19 octobre 2023, une frappe israélienne touche une église grecque-orthodoxe à Gaza. Cette attaque tue 18 personnes, principalement des femmes et des enfants. Par conséquent, le Vatican change radicalement sa position envers l’entité sioniste. Auparavant, il adoptait une posture neutre face au conflit, très diplomatique et pesée. Désormais, il condamne fermement cette frappe contre un lieu saint et contre les populations civiles. En effet, l’église abritait des centaines de Palestiniens déplacés.
La frappe de l’armée israélienne contre la seule église catholique de Gaza a conduit le Vatican à changer de ton vis-à-vis d’Israël en dénonçant directement sa responsabilité, tranchant avec la traditionnelle retenue diplomatique du Saint-Siège. Jeudi, trois personnes ont été tuées dans la frappe d’un char israélien contre l’église de la Sainte Famille à Gaza-ville, suscitant de vives indignations de la communauté internationale et l’émoi des responsables religieux de diverses confessions. Dimanche, le pape Léon XIV a appelé à mettre fin à la « barbarie » de la guerre à Gaza et à « l’usage aveugle de la force » en dénonçant « l’attaque de l’armée israélienne », marquant un tournant après plus de deux ans d’inlassables appels à la paix.
Au-delà de « la prise de conscience de ce qui se passe à Gaza », « s’ajoute pour les chrétiens le fait que cela se passe sur une terre sainte », analyse pour l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, qui relève « un basculement au moins ponctuel de l’opinion catholique de manière générale ».
Benjamin Netanyahu, qui a appelé le pape vendredi, a dit regretter « profondément » ce « tir indirect », reconnaissant une « erreur » et annonçant qu’Israël allait enquêter. Mais vendredi, dans une interview à une émission de la télévision publique italienne Rai 2, le N.2 du Saint-Siège en personne a laissé entendre que cette frappe pourrait être intentionnelle, appelant Israël à rendre publiques les conclusions de l’enquête.
Questionnements
L’idée est de savoir « s’il s’agit vraiment d’une erreur, ce dont on peut légitimement douter, ou s’il y a eu une volonté d’attaquer directement une église chrétienne », a affirmé le cardinal Pietro Parolin en dénonçant un acte « d’une gravité absolue ». Quant au cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, il a effectué vendredi une rare visite à Gaza au chevet des blessés et a présidé dimanche la messe à l’église de la Sainte Famille, preuve de la détermination des autorités chrétiennes de rester sur place…




























