C’est tout de même rigolo de voir concrètement à quel point l’union européenne est hypocrite, à l’instar de la diplomatie française. Alors qu’il s’agit d’une manifestation moscovite minuscule, voire insignifiante dirigée contre Poutine, les condamnations sont nombreuses et fermes, alors qu’en Algérie où des millions d’Algériens de tous âges battent le pavé des villes de l’ensemble du pays dans des manifestations grandioses et pacifiques, se poursuivant depuis plus de cinq mois ponctuées par des arrestations et des condamnations à de la prison ferme pour le simple port d’une pancarte ou d’un T-shirt, pas la moindre condamnation n’a été exprimée ! Devant de telles situations, comment ne pas se rendre compte que les médias et les politiques hexagonaux et bien sûr européens sont tous des hypocrites et n’ont rien à voir ni de près ni de loin avec les principes dont ils disent être les champions, la défense de la démocratie et des libertés.


C’est le plus grand nombre d’arrestations depuis le mouvement de contestation de 2012 contre le retour au Kremlin de Vladimir Poutine.

Une répression sans précédent… et un pouvoir sur la défensive. La police russe a arrêté 1373 personnes qui manifestaient samedi à Moscou pour des élections libres, selon un bilan communiqué ce dimanche par l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations.

Il s’agit, selon l’ONG, du plus grand nombre d’arrestations depuis le mouvement de contestation de 2012 contre le retour au Kremlin de Vladimir Poutine.

Selon les chiffres officiels de la police de Moscou, quelque 3500 personnes, dont environ 700 journalistes professionnels et blogueurs, étaient présentes samedi à la manifestation. La police avait fait état samedi de « 1074 » arrestations « pour des infractions diverses ». L’opposition dénonce le rejet des candidatures indépendantes en vue des élections locales du 8 septembre, qui s’annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale.

Un « recours disproportionné à la force »

La manifestation de samedi, devant la mairie de Moscou, intervenait après un rassemblement ayant réuni 22 000 personnes le dimanche précédent, du jamais vu depuis la contestation de 2012.

Dans un communiqué dimanche, l’Union européenne a fustigé cette vague d’arrestations. « Ces détentions et le recours disproportionné à la force contre des manifestants pacifiques […] portent une fois de plus gravement atteinte aux libertés fondamentales d’expression, d’association et de réunion », selon la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

L’ONG Amnesty International a dénoncé samedi soir un « recours à la force excessif » de la police russe, appelant à une « libération immédiate des protestataires pacifiques ».

Pression sur l’opposition

L’opposant Ilia Iachine a annoncé une « nouvelle manifestation d’ampleur » à Moscou pour le 3 août. Plusieurs figures de l’opposition avaient été interpellées en matinée avant le rassemblement.

Les domiciles et les permanences de plusieurs candidats exclus avaient été perquisitionnés par avance et, mercredi, l’opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny avait été renvoyé en prison pour 30 jours pour des infractions aux « règles des manifestations ».

Ces procédures font suite à l’ouverture d’une enquête pour « entrave au travail de la Commission électorale » de Moscou au cours de manifestations mi-juillet. Elles peuvent aboutir à des peines atteignant cinq ans de prison, rappelant les sévères condamnations prononcées au moment du mouvement de 2011-2012 contre le retour à la présidence de Vladimir Poutine.


 

Photo d’illustration : près de 1400 personnes ont été arrêtées samedi 27 juin 2019, à Moscou pendant une manifestation de l’opposition pour réclamer des élections libres. REUTERS

L’Express

AFP

28 juillet 2019