L’Autorité de régulation des transports (ART) publie un avis très critique sur le projet de 20e avenant à la concession Cofiroute, filiale de Vinci Autoroutes. Cet accord vise à financer entre 200 et 500 millions d’euros d’investissements, notamment des bornes de recharge électrique (sic), des élargissements sur l’A10 et des pôles multimodaux. En échange, Cofiroute propose une augmentation des péages de 0,235 % par an entre 2026 et 2030.
Un seul petit article sur cette fraude a été publié dans la presse française, dans le dernier numéro du Canard enchaîné d’avant-hier. Vous ne trouverez aucun autre quotidien ou magazine traitant de cette affaire qui concerne pourtant 68 millions de Français potentiels usagers des autoroutes ! Nous avons du coup étudié le rapport de l’ART pour vous en faire un résumé ci-dessous.
L’ART dénonce un déséquilibre économique flagrant. Elle estime que les coûts des travaux sont surestimés de 10 % sur plusieurs opérations, soit 16 millions d’euros en trop. Les recettes de péage sont sous-évaluées de 7 millions d’euros. La rémunération du capital dépasse de 0,7 % la valeur de marché, et Cofiroute mobilise mal les reliquats financiers existants. Au total, la hausse des péages apparaît surestimée de 32 à 39 millions d’euros. Une véritable fraude comptable !
L’autorité pointe aussi des investissements non éligibles. 66 % des projets ne relèvent pas directement de l’autoroute, comme les bornes de recharge obligatoires ou certains parkings de covoiturage autonomes. Ces opérations devraient rester à la charge du concessionnaire ou des bénéficiaires directs, sans grever les usagers.
Enfin, l’ART critique les clauses sur la restitution de l’autoroute en 2034. Le programme d’entretien manque de rigueur et la garantie financière reste insuffisante. Elle recommande de réduire fortement la hausse tarifaire à moins de 0,226 % par an, d’exclure les projets inadéquats et de renforcer les protections pour les usagers.
Cet avis consultatif met la pression sur l’État et Vinci pour renégocier un accord plus équilibré. Sans ajustements, les automobilistes risquent de payer un surcoût injustifié sur leurs trajets quotidiens. Le ministre de tutelle doit prendre une décision, aucune date précise n’est fixée publiquement. On imagine qu’il ne fera rien et laissera Vinci se gaver d’argent magique !


























