Le ministère de l’Intérieur a franchi une ligne rouge, un véritable Rubicon. Pour la première fois, il a mobilisé la législation antiterroriste afin d’assigner à résidence des militants et de leur interdire de manifester le week-end du 24 octobre. Cette pratique, révélée par Mediapart, marque un basculement inquiétant dans la gestion des mouvements sociaux. C’est le signe d’un régime autoritaire totalement assumé qui panique face à la grogne populaire et qui sait que ses jours sont comptés !
Les arrêtés s’appuient sur les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance. Les documents justifient ces décisions par le but de prévenir la commission d’actes de terrorisme !!! C’est quoi le rapport avec la mobilisation actuelle ? Testée le 24 octobre, la méthode s’est étendue de façon massive une semaine plus tard, autour des mobilisations du 31 octobre. Des dizaines de personnes ont ainsi reçu la visite de la police pour se voir notifier ces contraintes.
Législation antiterroriste contre des lycéens !
Qui sont les cibles ? Des étudiants, des agriculteurs et des militants, souvent sans aucun casier judiciaire ni même de garde à vue. Les autorités leur imputent une proximité avec l’écologie radicale ou l’idéologie antifasciste, simplement parce qu’ils ont participé à des rassemblements précédents. Une personne de Belfort, par exemple, a été interdite de quitter son village et obligée de pointer quotidiennement à la gendarmerie ! La Russie n’a pas fait mieux !
Pourtant, les avocats dénoncent un détournement clair. Aïnoha Pascual, qui défend plusieurs assignés, explique que ces mesures ne s’appliquent normalement qu’à la prévention du terrorisme. Contrairement aux assignations possibles sous état d’urgence, elles n’ont pas vocation à gérer l’ordre public ordinaire. Devant les tribunaux administratifs, le gouvernement assume une assimilation entre terrorisme et contestation sociale.

Ainsi, la législation antiterroriste, conçue après les attentats islamistes et autres, sert désormais à museler des opposants politiques. Les Soulèvements de la Terre parlent d’une nouvelle étape dans une crise despotique. Des recours sont en cours, mais le précédent est posé. Ce glissement des outils d’exception vers le droit commun menace directement le droit de manifester.
On comprend beaucoup mieux maintenant le pourquoi de l’existence de ce pseudo terrorisme islamiste très souvent manipulé, bien trop souvent. Il a servi à mettre en place une législation extraordinairement liberticide dont rêvent tous les régimes autoritaires. Il aurait été inconcevable d’en imaginer le centième sans ces attentats meurtriers.
Il faut également prendre en compte la gravité spectaculaire de l’utilisation des véhicules de guerre Centaure avec des fusils-mitrailleurs en tourelle capablex de balancer entre 650 et 1000 balles/minute de 7,62 de calibre sur la population civile française ! D’aucuns critiques les balles explosives de désencerclement qui sont également des armes de guerre mais là on est quasiment sur un char d’assaut ! Son utilisation pendant les manifestations démontre à elle seule l’extraordinaire dérive actuelle de la police nationale qui se transforme en milice protectrice d’un régime autoritaire en pleine chute…
En fin de compte, cette affaire révèle comment des dispositifs d’exception s’installent durablement. La législation antiterroriste n’est plus réservée aux menaces les plus graves. Elle devient un outil polyvalent contre toute forme de contestation jugée trop radicale. Les juges devront trancher si cette pratique reste dans le cadre légal ou si elle constitue une dérive liberticide.

































