Au début du mois de juin dernier, le président du conseil scientifique responsable de ce désastre sanitaire affirmait qu’il n’était pas envisageable de confiner le pays une deuxième fois ! Et pour le dire il s’est appuyé sur l’étude de différents scénarios et modélisations. Il avait même osé affirmer : « Quoi qu’il arrive, on ne pourra pas refaire un confinement généralisé en France » !

La moindre des choses, si la France était réellement un pays démocratique et sérieux, ce responsable devrait immédiatement démissionner pour avoir très mal géré cette crise sanitaire. Pourtant, ce n’est pas le cas, il est toujours là à nous expliquer ce qu’il faut faire alors qu’il a été incapable de gérer correctement l’épidémie.


Le conseil scientifique a rendu un nouvel avis sur l’évolution future de la pandémie de Covid-19.

Parmi les différents scénarios jugés « probables », aucun ne prévoit un confinement du pays. Son président, Jean-François Delfraissy a annoncé vendredi 5 juin que le Covid-19 « circule à une petite vitesse ».

L’épidémie de Covid-19 est actuellement « contrôlée » en France a annoncé le président du conseil scientifique et spécialiste d’immunologie Jean-François Delfraissy. Le professeur s’est exprimé vendredi 5 juin au micro de France Inter, expliquant que « « le virus continue à circuler, en particulier dans certaines régions (…), mais il circule à une petite vitesse. Là où on avait à peu près plusieurs dizaines de milliers de cas, autour de 80 000 nouveaux cas par jour début mars avant le confinement, on estime qu’on est maintenant autour de 1 000 cas à peu près. »

« Quoi qu’il arrive, on ne pourra pas refaire un confinement généralisé en France », estime Jean-François Delfraissy. Dans un entretien au Parisien, jeudi 4 juin, le président du Conseil scientifique estime que « le prix à payer est trop lourd ». « La première fois, il était indispensable, on n’avait pas le choix. (…) La population ne l’accepterait sûrement pas, les conséquences économiques seraient majeures et, même d’un point de vue sanitaire, cela n’est pas souhaitable », fait valoir le spécialiste de l’immunologie.

Il rappelle « qu’en dehors du Covid, il y a eu tous les autres malades qui ont eu des retards de diagnostic durant cette période ». « Une fois qu’on a dit cela, qu’est-ce qu’on fait si la situation empire ? Il faut donc un grand plan de prévention », conclu-t-il.

Quatre scénarios « probables »

Le Conseil scientifique qu’il préside, chargé de guider les pouvoirs publics dans la gestion de la crise liée au Covid-19, détaille de se préparer à « quatre scénarios probables » pour les mois à venir, allant d’une « épidémie sous contrôle » à une « dégradation critique ». Sous-titré « anticiper pour mieux protéger », ce nouvel avis mis en ligne jeudi vise à « préparer les différentes structures de l’État à affronter une éventuelle reprise de l’épidémie quelle qu’en soit sa forme ».

Le premier scénario, « le plus favorable », est celui d’une « épidémie sous contrôle » avec seulement quelques foyers « localisés pouvant être maîtrisés ». Les autres envisagent « des clusters critiques laissant craindre une perte de contrôle des chaînes et contamination » et « une reprise progressive et à bas bruit de l’épidémie, plus difficile à identifier ». Le dernier serait celui d’une « dégradation critique des indicateurs » de suivi de l’épidémie, traduisant « une perte du contrôle » de cette dernière.

Le Conseil scientifique « souligne la nécessité de préparer » des « mesures appropriées » à chacun de ces scénarios, dans le but d’« éviter un nouveau confinement généralisé » comme celui qu’a connu le pays du 17 mars au 11 mai. Ces mesures doivent être « élaborées dès maintenant » pour pouvoir les « activer le plus rapidement possible » « lorsque cela sera nécessaire », insiste l’avis.


Photo d’illustration : Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, pose avec un masque le 26 avril 2020. / JOEL SAGET/AFP

AFP
5 juin 2020