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Ça se corse sérieusement au SAMU social de Marseille, au point où son directeur, René Giancarli, ex-flic d’élite du GIPN, aujourd’hui retraité, a passé deux journées en garde à vue, dont une nuit dans une cellule des locaux de la gendarmerie phocéenne.

Rappel : Il faut savoir que le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ne tarit pas d’éloges sur le SAMU social – son SAMU social – puisque spécificité marseillaise, il est financé par la seule mairie. Lors de ses vœux de janvier 2017 à la presse, il n’oubliera pas encore une fois de louer le travail exceptionnel des équipes de ce service qui s’occupent si bien des malheureux et des sans-abri. Ce service, situé près du métro Bougainville, compte 70 agents ; il est dirigé depuis déjà quelques années par Monsieur René Giancarli.

L’affaire va commencer le 19 janvier dernier par une perquisition du siège social du SAMU opérée par la section recherche de la gendarmerie nationale. Le site d’information local Marsactu a enquêté sur la question et a posté une demi-douzaine d’articles. Au tout début, l’enquête concernait des soupçons d’emplois fictifs. La réaction des responsables municipaux sera très simple : « on ne savait rien », « ah bon ! », « Je n’étais pas là », « Ce n’est pas moi qui »… etc. Jean-Claude Gaudin dira lors d’un conseil municipal en réponse à la question de Marie-Arlette Carlotti : « …nous ne le savions pas » !

Au cours des investigations, les gendarmes ont découvert un système de faux pointage d’un nombre très important de salariés, une escroquerie qui s’élève à la bagatelle de 5 millions d’euros. Alors que les responsables municipaux – M. Xavier Méry… – ne cessaient d’affirmer que c’était une fausse affaire, que tout ceci allait s’éteindre très vite, il apparaît aujourd’hui que l’escroquerie est avérée et les témoins nombreux. La mécanique installée est simple : les gens pointent 50 % du temps légalement inscrit sur leur contrat de travail. L’exemple type est celui d’un salarié qui était auditionné à la gendarmerie et auquel on a demandé s’il était en poste ce jour. Sa réponse fut non alors qu’il était inscrit sur le planning ! Les salariés sont poursuivis pour le chef d’accusation de recel de détournement de fonds publics de 2012 à 2016. Donc, pendant que les responsables jurent la main sur le cœur qu’ils n’étaient pas au courant, un syndicaliste affirme haut et fort que tout le monde connaissait parfaitement ce choix d’organisation du travail. C’est même une tradition locale, puisque des agents sont mutés dans ce service pour cette raison précise, selon Marsactu.


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Si vous vous intéressez à la question du SAMU social marseillais, si vous avez un petit réseau associatif et politique, à la première question, on vous expliquera que ce service serait un moyen de caser – comme bon nombre d’autres services municipaux ou départementaux – des personnes qui ont beaucoup donné lors des campagnes électorales précédant leur embauche, voire d’offrir un emploi fictif afin de rémunérer les services de quelques barbouzes ou indics. Rappelons à toutes fins utiles que Monsieur Omar Djellil a été embauché il y a une année au SAMU social. Connaissant sa proximité avec Monsieur Salah Bariki, conseiller au culte de Jean-Claude Gaudin, ainsi qu’avec d’autres acteurs politiques municipaux, dont Monsieur René Giancarli, on comprend mieux ce qu’il se passe.

À la lecture du dernier article de Marsactu du 2 juin dernier, il apparaît que la situation s’accélère puisque Monsieur René Giancarli a passé une nuit dans les geôles de la gendarmerie nationale afin de s’expliquer sur cette affaire. On comprend à la lecture de l’article qu’il a été totalement lâché par la municipalité et qu’il est tenu pour seul responsable de ces irrégularités. Il est intéressant de noter que la mairie de Marseille s’est constituée partie civile dans cette affaire, ce qui est un comble. Pire encore, est-il utile de rappeler que ces gens sont en train d’escroquer un service minimum pour les plus démunis d’entre nous, voire les plus misérables. Si ces faits s’avèrent condamnables par la justice, nous espérons qu’ils le seront de manière extrêmement ferme, car il est impardonnable de voler l’argent des SDF…


Des employés municipaux du Samu social de Marseille, accusés d’avoir gonflé leurs heures de travail et récemment entendus dans une enquête pour détournements de fonds, ont nié lundi l’existence de tout système frauduleux et appelé le sénateur-maire LR Jean-Claude Gaudin à les recevoir. En vertu d’un système « mis en place avec la hiérarchie en 2010 », « chaque salarié devait travailler une semaine sur deux sur toute l’année, sans aucune exception: pas de +petites+ maladies ou de congés », a assuré en conférence de presse le porte-parole du collectif des travailleurs, Pierre Godard. « La mairie –dont dépend le Samu social– savait pertinemment quel était le rythme de travail. C’était de notoriété publique », insiste-t-il, demandant « au maire Jean-Claude Gaudin de nous recevoir ».Cette organisation du temps de travail permettait aux travailleurs sociaux d’effectuer 10 à 12 jours de travail par mois en moyenne, expliquent-ils.Le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire pour « faux, usage de faux, recel et détournement de fonds public », liée à des soupçons sur un système de faux pointage permettant à certains employés de gonfler le total de leurs heures travaillées. »Il s’agissait de vérifier la réalité du service fait par les employés par rapport à leur poste et à leur rémunération », avait précisé à l’AFP le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux, confirmant des informations du Canard Enchaîné et du site local d’informations Marsactu.

La ville de Marseille a décidé de déposer plainte et de constituer partie civile.Selon les révélations du Canard enchaîné, les gendarmes auraient découvert après six mois d’enquête que « sur 80 agents +de terrain+ 50 au moins gonflaient leurs heures de maraude sociale » dans ce service municipal. « Depuis 2010, année où ces petits arrangements entre amis ont commencé, les détournements d’argent public atteindraient 5 millions d’euros –la somme des salaires et des charges versés, à moitié, pour rien », ajoute le Canard Enchaîné.Pour Richard, 57 ans dont 12 passés au Samu social, ce rythme s’explique par « un boulot très particulier »: « Le public qu’on prend en charge aujourd’hui n’est pas celui d’il y a 10 ou 15 ans », juge l’homme citant pêle-mêle parmi le public, les « sidéens, sans domicile fixe, le flot de réfugiés venus de pays en guerre, les Roms ou malades psychotiques ». Soit quelque 2.000 personnes en tout genre pris en charge par le Samu social, selon des chiffres impossibles à vérifier.Depuis les révélations sur l’enquête, les salariés se plaignent d’une ambiance « lourde » au Samu social et des « noms d’oiseaux ou insultes de voleurs » dont on les affuble sur le terrain. Pour Yannick, 38 ans, « il est important que notre honneur soit rétabli. On n’a jamais volé personne ».


AFP