Une nouveau scandale maçonnique frappe le Gard, révélant des connexions troubles entre marchés publics hospitaliers et réseaux francs-maçons. Depuis début octobre, la brigade financière a investi des entreprises du BTP du bassin d’Alès, saisissant ordinateurs et comptabilités. Ces opérations s’inscrivent dans une enquête tentaculaire pour favoritisme au CHU de Nîmes, ouverte par le Parquet national financier (PNF). L’affaire rebondit après la condamnation, en novembre 2024, de Nicolas Best, ex-directeur du CHU (2018-2023), à 30 000 euros d’amende pour favoritisme. Relaxé de corruption passive, il avait été épinglé pour des attributions irrégulières de marchés à Annecy et Nîmes, impliquant le groupe Bouygues et un cabinet local. Le PNF a fait appel : un nouveau procès est attendu en 2026.
Les investigations récentes mettent en lumière des liens entre chefs d’entreprises BTP alésiens et cadres hospitaliers. Tous gravitent autour du même temple de la Grande Loge nationale de France (GLNF), obédience traditionaliste comptant 20 loges dans la région. Des bailleurs sociaux, élus proches de la mairie d’Alès et patrons du Bâtiment s’y côtoient, recrutés via des « frères ».
Vous imaginez bien qu’un marché public d’un CHU est très important, de l’ordre de plusieurs millions d’euros, voire dizaines de millions d’euros. Il s’agit de beaucoup d’argent comme toujours. Ce scandale s’inscrit dans une longue série de dérives maçonniques en France, où fraternités riment parfois avec favoritisme :
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Dès 1904, l’ »affaire des fiches » voit le Grand Orient soupçonné d’espionner des officiers non-maçons pour bloquer leurs promotions, provoquant une crise nationale.
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Dans les années 1930, l’affaire Stavisky – escroquerie politico-financière – éclabousse les loges du Grand Orient et de la Grande Loge, menant à des radiations et chute de gouvernement.
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Années 1990 : explosion d’affaires comme l’arsenal de Toulon (1 milliard de francs détournés à la DCN, liens avec les « frères » varois) ou Nice ( le procureur Montgolfier dénonce un « système Médecin-Mouillot » ancré à la GLNF, impliquant casinos et pots-de-vin).
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À Marseille, 30 % des juges consulaires sont maçons, favorisant les abus dans les tribunaux de commerce.
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Début 2000 : le Grand Orient alerte sur des « fraternelles » hors contrôle, utilisées pour trafic d’influence.
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En 2014, des scandales cumulés (Carlton de Lille, corruption PS Nord-Pas-de-Calais, Marseille) impliquent les réseaux maçonniques, renforçant l’image de « secte affairiste ». Six des huit mis en examen du Carlton sont maçons.
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Plus récemment : 2016, escroquerie toulousaine de 10 M€ par un grand maître GLRF, piégeant les « frères » via des assurances fictives.
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2021, officine criminelle « espions-francs-maçons » (DGSE, meurtres commandités via la loge Athanor).
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2024, Cipav : corruption à la caisse des indépendants, liens maçonniques soupçonnés dans des ventes immobilières occultes.
Les obédiences condamnent systématiquement, excluant les coupables et invoquant une « minorité ». Pourtant, ces affaires, de Stavisky à Nîmes, questionnent : la franc-maçonnerie, pilier de sociabilité, devient-elle trop souvent paravent d’intérêts privés ? Le PNF tranchera, mais le Gard retient son souffle.



























