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Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être dangereux pour les fœtus. (BERTRAND GUAY/AFP).


On le dit depuis des années, les AINS ou anti-inflammatoires non stéroïdiens sont dangereux pour le fœtus et pourtant un grand nombre de patientes gravides en prennent en automédication et souvent même sur prescription médicale, car très peu de campagnes de prévention et d’information ont été réalisées sur cette question cruciale. On parle de milliers de femmes par an qui reçoivent ce type de médicaments aux risques graves sur la santé de leur fœtus. Il est temps d’en informer le public.


L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) tire la sonnette d’alarme : les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne doivent pas être pris par les femmes enceintes à partir du début du sixième mois de grossesse, car il y a un vrai danger pour le fœtus.

Or une étude, réalisée en 2003 et 2009, montre qu’un nombre important de femmes enceintes prend ces médicaments malgré les contre-indications qui sont mentionnées sur les notices.

Ibuprofène ou aspirine

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont utilisés pour soulager ou traiter les douleurs, la fièvre et l’inflammation. La plupart sont disponibles sans ordonnances. Les plus connus sont l’ibuprofène, le kétoprofène, le diclofenac ou encore l’aspirine, qui fait partie de cette classe de médicaments.

Leurs effets toxiques sur le fœtus sont connus, même après une seule prise. Cela l’expose à un risque d’atteintes rénales et de problèmes cardio-pulmonaires qui peuvent être irréversibles, voire mortels. Ce danger existe d’ailleurs quelle que soit la durée du traitement et quel que soit le mode d’administration, oral, injectable ou cutané.

Des médecins prescrivent toujours ces médicaments

Le problème est que des médecins eux-mêmes conseillent à ces femmes de prendre ces produits. L’ANSM a même déjà alerté les professionnels de santé, en 2003 et en 2009. Pourtant ils continuent à prescrire ces médicaments dangereux.

« Une étude a montré qu’environ 5 000 à 6 000 femmes enceintes par an avaient encore des prescriptions d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. »  Nathalie Richard, de l’ANSM.

La directrice adjointe des médicaments à l’ANSM, Nathalie Richard, insiste sur le fait que « ce n’est pas normal » Le danger pour la femme enceinte arrive à partir du sixième mois de grossesse, même après une seule prise de ce médicament » explique-t-elle.

Ces petites pilules « ont une image de médicaments anodins et sans danger. Il faut donc que les prescripteurs et les pharmaciens soient extrêmement vigilants », conclut Nathalie Richard.

Le message de l’ANSM est donc clair : il ne faut pas prendre ces médicaments à partir du sixième mois de grossesse. Des traitements alternatifs existent, antalgiques ou des corticoïdes, et ce, quel que soit le terme de la grossesse.

Bruno Rougier – France TV Info