Article intéressant qui démontre à quel point la mairie de Marseille était mal gérée par l’équipe de Jean-Claude Gaudin. La deuxième ville de France a toujours été gérée par des incompétents, des amateurs car il suffit de rappeler que c’est la ville la plus sale de France, la plus polluée et la plus embouteillée. La ville dans laquelle des immeubles s’écroulent sur leurs locataires à cause de la vétusté et de l’incompétence des services municipaux. Par contre, la ville de Marseille excelle dans le trafic, la magouille, le copinage, la fraude électorale…


« Sérieux, il n’y a pas le wi-fi ? » ­MacBook sous le bras et smartphone vissé à l’oreille, les jeunes mousquetaires du Printemps marseillais n’en reviennent toujours pas.

Ni de cette incroyable victoire aux municipales, qu’ils sont allés arracher à la surprise générale, ni de l’état de la mairie centrale, cet hôtel de ville du XVIIe siècle qui fut, vingt-cinq ans durant, la maison de Jean-Claude Gaudin. Ils s’appellent Mathilde, Nasséra, Olivia, Sébastien, Théo, Ahmed… Beaucoup de femmes, de jeunes, certains novices en politique, soit 42 nouveaux conseillers municipaux et leurs équipes, c’est‑à-dire beaucoup de monde. Faux ongles impeccables et yeux fardés, les deux dames de l’accueil en sont tout de même un peu retournées : « Tous ces gens qui entrent sans se présenter, on ne sait même pas qui ils sont. »

Mobilier élimé et ordinateurs hors d’âge

Eux filent, tout aux urgences qui s’accumulent, badge autour du cou, encore émerveillés qu’on leur ouvre les portes du saint des saints. Ils galopent sur les parquets qui couinent, un œil sur le panorama qui s’inscrit dans les hautes fenêtres à espagnolette. « Avec le Vieux-Port en bas et la Bonne Mère en face, ce bâtiment majestueux incarne tellement la ville… Mais je n’imaginais pas que certains bureaux seraient autant à l’abandon. On a l’impression qu’on a posé des meubles trouvés ici et là, que rien n’est pensé ni aménagé. Quand on dit qu’une maison est à l’image de ses propriétaires… » s’émeut une jeune collaboratrice, jean slim et sandales dorées. Elle ouvre une porte capitonnée desservant une enfilade de bureaux, ceux de l’ancien premier adjoint. Odeur de tabac froid et faux plafonds tachés d’humidité. Partout, du mobilier élimé tout droit sorti des années 1980, des téléviseurs cathodiques, des ordinateurs hors d’âge…

Mairie ou musée ? À l’étage d’apparat, des cartouches peints sous les stucs alignent les noms de tous les maires depuis la Commune. Celui de Michèle Rubirola y figurera bientôt, première femme et première écologiste de la lignée. Une photo volée, relayée sur les réseaux sociaux, la montre radieuse dans son nouveau bureau, faisant le V de la victoire au soir de son élection. C’est à l’image d’une équipe toute en fraîcheur qui échappe – encore – au filtre des communicants. Michèle Rubirola gardera-t‑elle le bureau en bois sombre de Gaston Defferre? Taiseux, l’huissier qui veille à l’entrée concède que « Mme la maire » n’a pas encore donné d’instructions, prise dans son tourbillon d’urgences. « La tâche est d’autant plus immense qu’on doit tout reconstruire sur une coquille vide, à l’image du bâtiment », dit Jean-Marc Coppola, l’un des rares adjoints avec une longue expérience d’élu.

L’émotion des novices en politique

 


Guylaine Idoux*

MSN

*correspondante à Marseille, Bouches-du-Rhône