Jean-Marc Sabatier analyse les annonces de Moderna concernant un vaccin à ARN messager personnalisé contre le mélanome. Il rappelle qu’il s’agit essentiellement d’un traitement préventif de la récidive, et non d’un traitement d’un cancer actuellement présent : les tumeurs ont été retirées chirurgicalement.
Le principe consiste à analyser la tumeur de chaque patient, identifier ses mutations et sélectionner des néo-antigènes spécifiques afin de fabriquer un ARN messager personnalisé. Celui-ci doit permettre – théoriquement – au système immunitaire de mieux reconnaître d’éventuelles cellules cancéreuses résiduelles.
Pire ! Le traitement est associé au Keytruda (pembrolizumab), qui stimule l’activité des lymphocytes T en bloquant la voie PD-1/PD-L1. Du coup comment savoir si l’ARNm est efficace ? Il estime qu’il faut rester prudent, notamment parce que les résultats détaillés de la phase 3 n’étaient pas encore publiés au moment de l’interview.
Il insiste également sur la complexité biologique de cette technologie et évoque plusieurs risques potentiels liés à la conception et à la traduction des ARN messagers. D’autant que les effets indésirables graves étaient nombreux !
Moderna et Wall Street…
Il critique enfin la communication de Moderna, qu’il juge excessivement spectaculaire au regard des données alors disponibles. La presse s’est excitée pour un vulgaire « communiqué » de l’entreprise, pas un article scientifique vu que l’étude est toujours en cours ! Sans oublier le triplement de son action boursière… Faut-il rappeler le fiasco des injections à ARNm anti Covid-19 et leurs effets indésirables désastreux !
Pour lui, le mélanome constitue une cible particulièrement favorable car il présente beaucoup de mutations et donc davantage de néo-antigènes exploitables.
En résumé, il considère qu’il est trop tôt pour parler de révolution contre le cancer et appelle à attendre les données complètes de phase 3. Ce que n’importe quel vrai scientifique devrait faire pour s’exprimer sur le sujet.




























