Décidément Laurent Joffrin n’a aucune limite. Ce très proche de Xavier Niel, patron de Free – beau-frère de Bernard Arnault, un des oligarques les plus puissants de France ayant permis à Macron de s’installer à l’Élysée – vient nous expliquer qu’il ne faut surtout pas maltraiter la presse car cette dernière n’a pas à devenir le bouc émissaire de la pantalonnade macronienne ! Comme sa photo prise à côté de Jean-Marie Le Pen que nous n’avons pas oubliée, nous n’avons pas non plus oublié cette Une de Libération dans laquelle il est inscrit en gros caractères et en gras : ouverture des « Faites ce que vous voulez mais votez Macron » ! Quand il y a une révolte populaire contre Macron, il est tout à fait logique qu’elle concerne ceux qui l’ont hissé au pouvoir. Pour le moment les oligarques sont protégés parce que le peuple ne les connaît pas encore et du coup ce sont les intermédiaires, les agents du système que sont les journalistes qui trinquent !

Il faut être totalement déconnecté du réel ou tout simplement perfide pour oser accuser les gilets jaunes de porter atteinte à la liberté d’expression de la presse ! Comment parler de liberté d’expression alors qu’ils sont tous d’accord sur tous les sujets quels qu’ils soient, et systématiquement dans l’intérêt de l’ultralibéralisme et des oligarques qui possèdent d’ailleurs 90 % des journaux ! Nous vivons une fin de règne, une époque révolue dont plus personne ne veut et il va falloir vous mettre cette réalité une bonne fois pour toutes dans votre petite tête, Monsieur Laurent Joffrin.



Tribune. Depuis quelques semaines, un peu partout en France, lors des manifestations des « gilets jaunes », des journalistes sont empêchés d’exercer, insultés, malmenés physiquement, voire blessés, par des manifestants et/ou des policiers. Des journaux font face à des intimidations et à des blocages de parution. Sur les réseaux sociaux, les invectives sont légion à l’encontre des médias.

Et la liste des atteintes à la liberté de la presse s’allonge inexorablement.

Le simple constat qu’il faille désormais à des journalistes des agents de protection pour espérer rentrer sains et saufs à leur rédaction est inadmissible.

Dans un climat de défiance vis-à-vis des médias, la critique est nécessaire. La presse n’est pas exempte de reproches. Et les journalistes sur le terrain sont les premiers à s’interroger au quotidien sur la manière la plus juste et la plus honnête de couvrir l’actualité. Mais aucune défiance vis-à-vis de la profession, quelle qu’elle soit, ni désaccord avec une ligne éditoriale, un titre ou un reportage ne peuvent justifier les violences de ces dernières semaines.

Empêcher les journalistes de faire leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est tout simplement menacer la démocratie…