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Il est curieux de constater que cette affaire n’ait pas fait autant de bruit médiatique que celle de Fillon et son épouse alors que les deux possèdent le même degré de gravité. C’est ainsi que l’on comprend mieux qui manipule les scandales, qui les monte en épingle et décide de ce qui est important à diffuser au plus grand nombre afin de manipuler l’opinion publique. Recevoir des hiérarques religieux, des philosophes, des responsables associatifs, ne peut être anodin, car ces personnages n’ont aucun rapport avec sa fonction. Le seul but était de créer un réseau en se servant du prestige de ce ministère.

La recette est simple pour lancer Macron en politique. Rothschild a fait passer Valls au gouvernement afin de trahir toutes les promesses de campagne et ainsi détruire le PS une bonne fois pour toutes. Les médias s’occuperont à semer pendant 5 ans des scandales ici et là afin de discréditer Hollande et son gouvernement. Ensuite, il suffit de balancer son poulain, avec sa tête de premier de la classe aux canines longues et puissantes, et à la mode US. C’est le renouveau, la fraîcheur du quadra… bla bla bla. Quelques unes sur Paris Match et Gala, et voilà que le candidat présidentiable est lancé. Quel mépris du peuple !

C’est une des techniques d’ingénierie sociale, la plus simple et efficace qui soit. Elle se met en place sous vos yeux et même si vous savez qu’il est issu de la banque Rothschild, qu’il est le produit des mêmes écoles imbéciles de la république, soutenu par des apparatchiks comme le franc-maçon G. Collomb… ils osent quand même vous le présenter comme un produit neuf au dessus des partis !


Le ministère de l’Économie et des Finances est l’un des plus puissants de la République, mais aussi l’un des plus secrets.

Pendant deux ans, les auteurs sont partis en exploration dans ses 42 kilomètres de couloirs austères. Nourri d’une soixantaine d’entretiens confidentiels, leur livre révèle pour la première fois les coulisses de cette forteresse. Ils ont interrogé ministres, anciens ministres, hauts-fonctionnaires, acteurs de l’économie réelle et lobbyistes. Qui gouverne vraiment ? Le ministre, l’administration, l’Europe ou les lobbys ? Ils ont assisté à la genèse tourmentée de l’imposition à la source et révèlent celle, avortée, de la privatisation de la Française des jeux, bloquée par un seul fonctionnaire. Ils ont cherché la marge de manœuvre réelle dont disposent les ministres face à une Europe tatillonne. Ils ont recueilli les récits des rivalités, des conflits, des ambitions et des petits (ou gros) arrangements fiscaux, tel cet écrivain célèbre souhaitant faire exonérer les dons à son amie et qui a obtenu que son dossier soit examiné directement par les conseillers du ministre.

Les conseillers du ministre se sont rassemblés une dernière fois.

Une écrasante majorité d’hommes, dont quelques-uns, pour l’occasion, ont fait tomber la cravate. Au septième étage de l’hôtel des ministres, dans le salon Michel Debré, ils devisent à voix basse. La vaste salle toute en boiseries accueille les grandes conférences de presse du ministère. Ce 30 août 2016, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, y annonce officiellement sa démission du gouvernement. Face à lui, sur un mur, une tapisserie des Gobelins qui a demandé dix ans de travail.
Le jeune ex-ministre, lui, est resté moins de deux ans dans les murs. Le temps de façonner sa cote de popularité, de renforcer ses réseaux, d’acquérir l’expérience de l’État, bref, de préparer l’offensive, dans le confort d’un ministère puissant. « Je souhaite aujourd’hui entamer une nouvelle étape de mon combat […]. Je suis déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action, puissent transformer la France dès l’année prochaine », lance le jeune loup devant les journalistes, avant de s’éclipser par une porte dérobée, au fond de la salle. Cette porte conduit à un ascenseur secret, qui permet au ministre de descendre dans ses appartements. Mais Emmanuel Macron a utilisé Bercy pour s’élever.

Comme beaucoup avant lui, il en a fait une rampe de lancement pour sa carrière politique.

« La dernière année, il a levé le pied (1) », soupire devant nous Michel Sapin, le ministre des Finances. Emmanuel Macron recevait à tour de bras les personnalités influentes dans son bureau du troisième étage. Y compris des hiérarques religieux, des philosophes, des responsables associatifs, tous estimables, mais qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les attributions officielles du ministre, économie, industrie et numérique. Exemple : le politologue Stéphane Rozès, consulté pendant deux heures un samedi matin, pour évoquer « l’imaginaire politique des Français ». À Bercy, Emmanuel Macron réunit également son « groupe informel », comme le raconte le journaliste Marc Endeweld : « L ’écrivain et ancien conseiller de François Mitterrand, Erik Orsenna, ancien membre de la commission Attali, en fait partie, tout comme le journaliste des Échos, Éric Le Boucher, […] ou le philosophe Olivier Mongin, de la revue Esprit, ou bien encore le communicant Gilles Finchelstein, qui détaille des enquêtes d’opinion réalisées pour l’occasion (2)… » « Il multipliait les dîners, parfois deux par soir », raconte un autre membre du gouvernement installé à Bercy.

Selon nos informations, en 2016, Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère par le Budget.

En seulement huit mois, jusqu’à sa démission en août. « S’il était resté, on ne sait pas comment il aurait fini l’année », observe une source administrative. L’enveloppe annuelle des frais de représentation du ministère de l’Économie dépasse cent cinquante mille euros, soit au moins cent vingt mille euros utilisés en huit mois par le jeune ministre pour ses seuls déjeuners et dîners en bonne compagnie. « Pourtant, ici, il y a de quoi s’occuper. Le matin et le soir ! » s’indigne Michel Sapin. Il a eu vent de ces repas par les huissiers et les chauffeurs de Bercy. Dans les murs du ministère, Emmanuel Macron a aussi reçu des centaines d’« amis » Facebook. Par deux fois, il a organisé avec eux des soirées de discussion, dans le centre de conférences Pierre-Mendès-France, au cœur de Bercy. « Je ne suis pas un pro de la politique. J’ai ma trajectoire, expliquait alors le ministre à ses convives. Mais, j’ai toujours une frustration de ne pouvoir voir assez de gens normaux (3). »  A posteriori, ces rendez-vous ressemblent davantage à un pré-meeting électoral qu’à une réunion Tupperware sur l’économie ou la compétitivité. Autant de signaux d’alerte. Après coup, Michel Sapin se reproche sa naïveté : « Avec Macron, nous avions une relation très simple, très fluide. C’est un esprit alerte, très léger, pas lourdingue. Je m’en veux de n’avoir pas vu assez vite qu’il avait une ambition cachée. Ce qu’il a fait, vis-à- vis du président, c’est une trahison, nous lâche-t-il peu après le départ d’Emmanuel Macron. » Les autres locataires de Bercy ne se montrent pas plus tendres avec ce curieux trentenaire, ministre le jour, animateur de réseau le soir, puis dirigeant de son mouvement « En Marche » le week-end, à partir d’avril 2016. « Je ne sais pas comment il trouve le temps de gérer un mouvement politique, grogne Christian Eckert, dans son bureau de style Empire. Moi je n’ai même plus le temps d’aller à la pêche, aux champignons, au cinéma, ni au théâtre ! On a un boulot à faire pour les gens, c’est vraiment engageant (4). » Il arrive que le président de la République lui-même, sentant son chouchou prêt à s’émanciper, se joigne aux critiques de ses ministres. Off the record, bien sûr. En mai 2016, lors d’un déjeuner avec quelques journalistes, le chef de l’État compare Emmanuel Macron à… Donald Trump ! « Trump est un milliardaire, donc les gens se disent : “Tiens, il ne va pas être corrompu car il est déjà riche.” » Cette observation s’appliquerait aussi à Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild : « Comme il n’est pas politique, il a pour lui une présomption de sincérité et de vérité. Il n’est pas membre d’un parti, il n’est pas député, pas élu. Les gens se disent : celui-là, il doit être plus pur que les autres ! » Devant ses convives, le président de la République ajoute, l’air innocent : « Quand j’ai rencontré Macron, sa première volonté était d’être député au Touquet. » Une pique discrète, allusion aux […]

Frédéric Says – Atlantico.