Le Sénégal est entièrement à la botte de Paris et du système mafieux de la Françafrique au point d’expulser Kemi Seba qui se présente justement pour être jugé par les autorités sénégalaises. Cela démontre aussi que les élites corrompues de Dakar sont en panique totale à l’idée de voir Kemi Seba fouler le sol sénégalais…


Alors qu’il devait être jugé en appel à Dakar pour avoir mis le feu en public à un billet de 5 000 francs CFA, en 2017, l’activiste Kemi Seba a été expulsé lundi soir du Sénégal vers la Belgique, après 30 heures de rétention administrative.

Il était arrivé à Dakar le 23 février, désireux de comparaître en appel au procès que lui intente la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2017. Mais de la capitale sénégalaise, où il avait vécu plusieurs années, le militant panafricaniste et anti-impérialiste Kemi Seba n’aura vu qu’une salle de rétention de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD).

Le 24 février, à 22h15, après plus de 24 heures de rétention administrative, il a dû embarquer sur un vol à destination de Bruxelles, expulsé du pays pour la seconde fois en trois ans.

En août 2017, le fondateur de l’ONG Urgences panafricanistes avait publiquement mis le feu à un billet de 5 000 francs CFA, lors d’une mobilisation à Dakar. Après quoi il avait été expulsé du pays pour « menace grave à l’ordre public ».

Relaxé par le tribunal des flagrants délits, Kemi Seba avait récemment annoncé son retour au Sénégal. Le 27 janvier, il déclarait sur sa page Facebook : « Kemi Seba, via ce procès, possède une dérogation pour rentrer sur le territoire sénégalais et viendra donc s’exprimer et se défendre… » Une nouvelle qui avait largement enthousiasmé ses soutiens au Sénégal et sur les réseaux sociaux.

Arrivé au Sénégal le 23 février en fin d’après-midi, sur un vol en provenance de Bruxelles, où il avait assisté à une conférence, l’activiste a pourtant été appréhendé dès sa descente de l’avion par la police de l’air et des frontières. Il a ensuite été retenu pendant près de 30 heures dans une salle de la zone de transit de l’AIBD. Une rétention pendant laquelle son avocat, qui s’est rendu à l’aéroport dimanche soir vers minuit, n’aura pas pu communiquer avec son client.

Contraint à embarquer

Joint par Jeune Afrique, Me Khoureychi Ba dénonce « des conditions de rétention difficiles » et des violences à l’encontre de Kemi Seba lors de la première tentative visant à l’expulser, le 23 février.

Peu avant 22 heures, les autorités l’avaient en effet contraint à embarquer à bord d’un appareil de la compagnie SN Brussels, censé quitter le tarmac sénégalais quelques minutes plus tard. L’activiste, qui demandait à être renvoyé vers le Bénin, où il réside et dont il est ressortissant, s’est alors débattu. La compagnie a alors refusé de le prendre à bord, et l’avion a décollé sans lui.

Ramené dans la même salle où il avait déjà passé près de cinq heures, le Franco-Béninois passe la nuit à l’aéroport. Interdit d’entrer sur le territoire sénégalais, Kemi Seba ne peut donc assister à l’ouverture de son procès en appel, au palais de justice de Dakar, lundi 24 février à 9 heures. Mais dès l’ouverture, celui-ci est renvoyé au 27 avril par le parquet, qui estime que le dossier « n’est pas en état d’être jugé ». 

Dans la foulée, les membres d’Urgences Panafricanistes, l’ONG fondée par Kemi Seba, tiennent une conférence de presse pour dénoncer « l’acharnement des autorités »…

Photo d’illustration : Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Jeune Afrique
25 février 2020