Il est très inquiétant de voir comment un magistrat comme Marc Trévidic puisse être aussi naïf. Toute atteinte aux libertés pour des motifs de sécurité n’est rien d’autre qu’une entourloupe. C’est un des principes fondamentaux de la démocratie qui sera attaquée par tout système totalitaire ! C’est vraiment le b.a.-ba du manuel de l’apprenti dictateur, premier chapitre, premier paragraphe.
Ce changement est extrêmement grave car après le vote de la loi, il est extrêmement compliqué de revenir en arrière. Sans une révolution violente qui renverse la table pour réécrire les textes c’est impossible. En d’autres termes, la dictature ne va pas se laisser faire et ne reviendra jamais sur cet acquis. Le seul moyen d’y mettre fin c’est d’abattre la dictature.
Démocratie Vs Tyrannie
Bien entendu, tout le monde pense que nous vivons en démocratie et qu’il est totalement stupide et exagéré de décrire le système politique français comme étant dictatorial. C’est ce que pensaient tous les citoyens du monde avant de plonger dans des régimes tyranniques violents. C’est uniquement lorsque les individus sont touchés directement par les restrictions de libertés qu’ils se réveillent à la réalité ; mais il est déjà trop tard.
Pour lutter contre les sites djihadistes, le juge Marc Trévidic a obtenu, en 2014, que l’apologie du terrorisme soit plus sévèrement punie. Face à la répression des soutiens à la Palestine, il dénonce aujourd’hui un usage dévoyé de la loi.
Depuis le 7 octobre 2023, on voit se multiplier les poursuites pour apologie du terrorisme…
Oui. Un changement législatif les a rendues plus faciles. À l’origine, l’apologie du terrorisme constituait un délit de presse. Les poursuites pénales étaient donc très difficiles, il fallait viser des responsables précis, des passages précis, le tout dans un temps très court, puisque la prescription est de trois mois, et avec une échelle des peines très limitée.
Un premier pas est franchi en 2012 : la peine encourue passe à cinq ans de prison, ce qui permet le placement en détention provisoire pour une durée de quatre mois…
Photo d’illustration : Marc Trévidic est président de chambre à la cour d’appel de Versailles, ex-juge d’instruction au pôle antiterroriste. © Julien Jaulin/Hans Lucas
8 octobre 2024






























