Abus de confiance : 3 mois de prison avec sursis requis contre le sénateur LREM Robert Navarro

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Roger Navarro, ex-PS désormais député La République en marche! (LREM), et son épouse Dominique, le 6 mars 2018 au palais de Justice de Montpellier


Cette condamnation ne fera qu’allonger la liste déjà interminable des politiciens corrompus et condamnés par la justice française.  Il s’agit tout de même du détournement de près de 90 000 € des caisses de la fédération socialiste de l’Hérault ayant servis à financer des voyages familiaux aux quatre coins du monde. Comme toujours, le condamné a crié au complot pour essayer de s’en sortir ; il a même utilisé l’expression « flingage politique ». Reste à savoir si ce monsieur et son épouse appartiennent à la secte maçonnique et si cette dernière va les excommunier comme l’exige sa charte…


Le parquet a requis mardi en appel la confirmation des condamnations du sénateur LREM Robert Navarro, ex-patron du PS dans l’Hérault et de son épouse Dominique, à trois mois de prison avec sursis pour abus de confiance.

Une amende de 30.000 euros chacun et la privation de leurs droits civiques pendant trois ans ont également été requis devant la cour d’appel de Montpellier, conformément à la peine prononcée en première instance.

L’affaire porte sur des billets d’avion payés pour un total de plus de 85.700 euros entre 2004 et 2010 par la fédération PS de l’Héraut, dont M. Navarro était alors premier secrétaire, sa femme étant « chargée de mission » et attachée parlementaire. Ils concernent notamment des voyages en famille à Prague, Ljubljana, Budapest ou Marrakech.

Selon l’avocat général Georges Gutierrez, dans cette « affaire emblématique », les époux Navarro, condamnés en première instance le 6 juillet 2016, n’ont pas hésité à « tromper les adhérents » du PS. « Ce type de procédés contribue à pourrir le système » politique, a-t-il asséné.

Comme en première instance, M. Navarro a dénoncé un « flingage politique », peinant comme son épouse à répondre précisément aux questions et s’attirant de nombreuses remarques du président Olivier Brue sur son manque de « rigueur » en matière de comptabilité.

« J’avais une multitude de fonctions et j’étais plutôt dans l’action », s’est défendu celui qui était à l’époque également parlementaire européen. « Une absence de rigueur ne signifie pas une infraction intentionnelle », a plaidé le conseil du couple Me Patrick Maisonneuve, en demandant la relaxe.

« Mais de qui se moque-t-on ! », s’est exclamé l’avocat de la fédération socialiste Luc Abratkiewicz, dénonçant « une bouillie infâme », « un système de défense qui n’est pas digne d’un élu de la République ». « L’argent dont on parle, c’est des cotisations de petites gens qui s’impliquent », a-t-il relevé.

Au cœur de l’affaire figure également la disparition – « comme par hasard » se sont mutuellement accusées les deux parties – de tous les documents comptables de la fédération.

L’affaire avait éclaté en avril 2011 dans un contexte politique marqué par de fortes turbulences : en 2010, Robert Navarro, ancien employé de la SNCF, figurait sur la liste alors dissidente du défunt Georges Frêche aux élections régionales. Le PS, alors dirigé par Martine Aubry, soutenait la liste menée par Hélène Mandroux, qui était maire de Montpellier.

MM. Frêche et Navarro avaient été exclus du PS et la fédération PS héraultaise placée sous tutelle fin 2010 avec à la clef un audit. M. Navarro a été réélu au sénat en 2014 sous l’étiquette DVG et est aujourd’hui rattaché au groupe LREM.

La cour rendra son arrêt le 2 mai.


LCP

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