Une sublime mission, par Lotfi Hadjiat

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J’ai fait un fabuleux voyage à Radio-France, la maison des hommes et des femmes merveilleux… Matthieu, Laurence, Jean-Luc… j’en oublie tant et tant, je les prie de m’excuser. J’entends déjà les méchants dire qu’ils sont tous juifs ou francs-maçons. Bouh, honte à vous. Votre haine n’entrera jamais dans la maison céleste de Radio-France, d’abord parce que le bâtiment est criblée de portiques de sécurité, comme en Israël, et puis parce que le Ciel veille sur Radio-France. Ce fut, d’ailleurs, le seul bémol de mon mémorable voyage, ces portiques de sécurité, où je fus fouillé par des arabo-musulmans. Certes, ils ne font pas partie de la famille céleste, mais dans sa grande indulgence et sa grande générosité la famille céleste les accepte pour surveiller l’entrée. Une fois à l’intérieur du temple de l’amour et de la lumière, je cheminai sur un long couloir enchanté de culture et de musique célestes… de la pop-rock des années 70. Puis j’arrivai dans une large pièce circulaire où se trouvait une modeste cafétéria. Je levai la tête et je vis la plus pure lumière, et à côté une haute tour. Un être de lumière me dit alors que bientôt il y aurait plein de commerces dans et autour de cette pièce circulaire. « Faut bien faire du flouze », me dit-il avec beaucoup de noblesse. J’entends vos murmures les méchants, « …marchands du temple… ». Honte à vous. Mais mon ravissement n’en était qu’à ses débuts. Je lui parlai alors de ma passion pour Julius Evola et il m’entraîna alors dans son sillage éblouissant vers les bureaux et me pria d’attendre une minute dans un salon feutré où m’accueillirent de larges fauteuils en cuir. J’entends d’ici les méchants dire que c’est avec les sous et la sueur des contribuables que ces rats s’engraissent et se pâment d’aise dans le luxe, l’espace et la tranquillité. Alors là, je dis bouh et encore bouh. Honte à vous. Ne comprendrez-vous donc jamais les grandes valeurs transmises par les saintes ondes de Radio-France ?… Ces êtres de lumière ne méritent pas tant d’opprobre, ils pourraient punir ces méchants, mais dans leur immense mansuétude ils gardent le silence, un silence noble, et ne donnent jamais la parole à ces méchants tout en les dénonçant à longueur de journées afin de protéger et sauver la France, car telle est leur sublime mission qu’ils acceptent courageusement. J’attendis plus d’une heure dans le fauteuil en cuir, puis on me demanda de déguerpir.

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