Nicolas Guillou, juge français à la CPI, vit sous sanctions américaines depuis août 2025. Washington le punit d’avoir autorisé les mandats d’arrêt contre Netanyahou et Gallant pour crimes de guerre à Gaza. Résultat : ses cartes Visa et Mastercard ne fonctionnent plus, Amazon et PayPal ferment ses comptes, Expedia annule même ses hôtels en France.
Pendant ce temps, la France s’enflamme pour le chanteur Amir. Des collectifs pro-palestiniens boycottent ses concerts à cause d’un spectacle donné il y a onze ans en Cisjordanie et de son service militaire israélien passé. BFMTV, CNews et France 2 ouvrent leurs plateaux en boucle. Rachida Dati dénonce le harcèlement, les débats font rage, l’antisémitisme supposé occupe l’antenne pendant des semaines.
La contradiction frappe. Un artiste franco-israélien subit des appels au boycott : tollé national. Un juge français de la CPI subit le harcèlement économique direct des États-Unis : silence quasi total des médias et des politiques ! D’un côté, la culture mobilise la République entière ; de l’autre, l’attaque contre l’indépendance judiciaire passe inaperçue.
Cette différence révèle nos priorités. Le people et les passions identitaires font toujours plus d’audience que la défense de l’État de droit international. L’Europe brandit la souveraineté numérique mais laisse dormir son règlement de blocage. Nicolas Guillou, lui, continue de juger. Il le dit simplement : « Les magistrats tiendront. » Reste à savoir si les démocraties tiendront avec lui.



























