équipe_Ebdo
L’équipe d’Ebdo, quelques mois avant son lancement en kiosque. Capture d’écran Ebdo

Encore une fois, voici une preuve de plus que la presse hexagonale n’a pas les moyens de survivre sans les subventions d’État, sans les 2 milliards de subventions publiques offerts chaque année. Malgré le très gros scoop concernant les plaintes pour agression sexuelle contre Monsieur Nicolas Hulot, ce magazine n’a tenu que quelques mois en kiosque… Cette faillite démontre encore une fois que sans la publicité, les journaux ne peuvent pas non plus durer très longtemps en kiosque. Cette dépendance fragilise encore plus leur travail puisqu’ils ne pourront jamais critiquer leurs clients !


L’éditeur Rollin Publications s’est déclaré en cessation de paiement.

Il demande la nomination d’un administrateur judiciaire pour sauver les revues XXI et 6 Mois et préserver le maximum d’emplois. Le onzième numéro d’Ebdo, en kiosque ce vendredi, sera le dernier. Jeudi matin, l’équipe dirigeante a annoncé à la rédaction l’arrêt du magazine, lancé il y a deux mois seulement. La veille, son éditeur Rollin Publications a déposé au tribunal de commerce de Paris une déclaration de cessation de paiement. «Il nous aurait fallu 8 millions d’euros pour poursuivre la publication», explique son président, Laurent Beccaria, à l’AFP. La recherche, ces dernières semaines, d’un investisseur pour sauver le magazine a été vaine.

Ebdo risquait d’entraîner dans sa chute les autres revues de l’éditeur, les mooks XXI et 6 Mois. Rollin Publications a donc demandé la nomination d’un administrateur judiciaire pour enclencher rapidement la cession des deux titres. Des repreneurs potentiels se seraient déjà manifestés. L’éditeur espère pouvoir sauver le maximum d’emplois sur ses 63 salariés, dont une quarantaine avaient été recrutés pour créer Ebdo.

« L’affaire Hulot a précipité le malaise »

«Un journal sans publicité ne peut pas vivre sans ses lecteurs. S’il ne se vend pas, il meurt», écrivent les fondateurs dans un e-mail adressé aux abonnés. Les chiffres de ventes sont éloquents. En fin de vie, Ebdo réalisait 7500 ventes en kiosque, contre plus de 50.000 pour le premier numéro. Le décrochage a eu lieu au bout d’à peine un mois d’existence, alors que les fondateurs tablaient sur 20.000 ventes en kiosque au printemps. Les abonnements ont, eux, plafonné à 8000, contre 25.000 attendus avant juin. Ils ont même légèrement reculé par rapport au lancement.

Ebdo avait collecté 8 300 préabonnements grâce à une campagne de financement participatif qui, portée par l’enthousiasme du lectorat de XXI, avait connu un grand succès à la rentrée, alors que l’on savait au final très peu de choses sur le futur magazine. L’éditeur dit avoir reçu à cette époque plus de 800 CV de journalistes. Au final, une trentaine ont été recrutés.

Fragilité économique

Mais le magazine final n’a pas été à la hauteur des attentes et des abonnements de courte durée n’ont pas été prolongés. «Si on reprend le film à l’envers, la première alerte est venue des lecteurs de XXI. Ils ont été déçus quand ils ont reçu le journal», avance Laurent Beccaria à l’AFP. Beaucoup espéraient une version hebdomadaire de la revue haut de gamme de grands reportages, alors que l’éditeur souhaitait s’adresser avant tout à un public populaire qui ne lit plus la presse d’actualité. «L’affaire Hulot a précipité le malaise», affirme Laurent Beccaria, en référence à l’enquête polémique sur une plainte pour viol déposée en 2008 contre le ministre parue dans le cinquième numéro.

La rapide déroute d’Ebdo a surtout révélé la très grande fragilité économique du titre, qui s’est lancé sur fonds propres, faute d’avoir pu boucler à temps ses financements. Le départ de deux actionnaires minoritaires de Rollin Publications, fin 2017, a décalé une augmentation de capital de 2 millions d’euros au mois de février. Elle n’a jamais abouti, au vu des mauvaises performances du magazine. Par effet domino, les banques ont annulé le prêt de 2 millions d’euros que devait souscrire l’éditeur. Si ce montage financier s’était réalisé, Ebdo aurait pu fonctionner durant deux ans. Sans, il n’était plus possible de faire tourner une rédaction qui comptait 63 salariés, d’autant que le titre refusait la publicité. En septembre, les fondateurs du magazine affirmaient que le budget de fonctionnement d’Ebdo se situerait autour de 15 millions d’euros par an.

Ebdo risquait d’entraîner dans sa chute les autres revues de l’éditeur, les mooks XXI et 6 Mois. Rollin Publications a donc demandé la nomination d’un administrateur judiciaire pour enclencher rapidement la cession des deux titres. Des repreneurs potentiels se seraient déjà manifestés. L’éditeur espère pouvoir sauver le maximum d’emplois sur ses 63 salariés, dont une quarantaine avaient été recrutés pour créer Ebdo.

« L’affaire Hulot a précipité le malaise »

« Un journal sans publicité ne peut pas vivre sans ses lecteurs. S’il ne se vend pas, il meurt », écrivent les fondateurs dans un e-mail adressé aux abonnés. Les chiffres de ventes sont éloquents. En fin de vie, Ebdo réalisait 7500 ventes en kiosque, contre plus de 50.000 pour le premier numéro. Le décrochage a eu lieu au bout d’à peine un mois d’existence, alors que les fondateurs tablaient sur 20.000 ventes en kiosque au printemps. Les abonnements ont, eux, plafonné à 8000, contre 25.000 attendus avant juin. Ils ont même légèrement reculé par rapport au lancement.

Ebdo avait collecté 8 300 pré-abonnements grâce à une campagne de financement participatif qui, portée par l’enthousiasme du lectorat de XXI, avait connu un grand succès à la rentrée, alors que l’on savait au […]


Avatar Chloé Woitier – Le Figaro