C’est génial, l’ONU a enquêté et a fini par découvrir, à elle seule, que MBS était coupable de la boucherie Khashoggi ; du coup, elle lui demande d’enquêter lui-même au sujet de ce massacre commis dans l’enceinte même du consulat saoudien à Istanbul ! Dès lors, une question se pose de savoir où est le pire : d’avoir tué Khashoggi ou de demander à son assassin d’enquêter sur lui-même en se foutant de nous au passage ?


Dans son rapport au conseil des droits de l’homme des Nations unies, la rapporteure spéciale, Agnès Callamard, appelle le secrétaire général de l’ONU à « ouvrir une enquête pénale » sur Mohammed Bin Salman.



Au terme de six mois d’enquête, Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, n’a aucun doute : « M. Khashoggi a été la victime d’une exécution délibérée, préméditée, d’une exécution extrajudiciaire dont l’État d’Arabie saoudite est responsable en regard du droit international lié aux droits de l’homme ». Son rapport, publié mercredi par l’ONU, ajoute qu’il « existe des preuves crédibles justifiant des investigations supplémentaires, de la responsabilité individuelle d’officiels saoudiens de haut niveau, y compris le prince héritier » Mohammed Ben Salman (MBS), fils du roi Salman et homme fort de l’Arabie.



Exilé aux États-Unis où il écrivait régulièrement des articles pour le Washington Post, Jamal Khashoggi a été vu pour la dernière fois le 2 octobre dernier alors qu’il pénétrait au consulat général d’Arabie à Istanbul. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le journaliste dissident était un critique de MBS.

L’experte de l’ONU appelle le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à « ouvrir une enquête pénale…


 Photo d’illustration : l’experte des droits de l’Homme de l’ONU Agnes Callamard, le 19 juin 2019 à Genève – AFP / FABRICE COFFRINI

Le Figaro

19 juin 2019