Même l’avocat Karim Achoui se met de la partie en venant nous jouer ici le ridicule couplet du racisme et de la victimisation pour expliquer le maintien en détention provisoire, prétendument abusif, de Monsieur Tariq Ramadan. Comment, franchement, peut-il accuser l’État français de vouloir « impitoyablement briser » Monsieur Tariq Ramadan alors que ce dernier était le chouchou des plateaux télé (voir la vidéo ci-dessous) et qu’il paradait dans toute la France, dans des salles de conférence archi-combles et qu’il vendait ses livres par dizaines de milliers ! Comment lui-même, ex-avocat au Barreau de Paris, aux honoraires plus que confortables et ayant pignon sur rue, peut-il jouer la carte de la victimisation ?

Comment peut-il en vouloir à la justice de traiter sévèrement Monsieur Tariq Ramadan alors que ce dernier a multiplié les mensonges ? N’a-t-il pas nié toute relation sexuelle, fût-elle consentie, avec les plaignantes avant d’en avouer cinq, face aux  preuves innombrables et irréfragables ? N’a-t-il pas essayé de tromper la justice en offrant un alibi monté de toutes pièces et qui s’est lamentablement effondré ? N’a-t-il pas trompé son monde en affirmant être professeur de l’université de Fribourg sans jamais l’avoir été, sans parler des sept ijazate fantômes de la prestigieuse université cairote… ? N’importe quel autre justiciable avec des accusations aussi graves et qui mentirait de la sorte serait traité de la même manière et vous le savez !

C’est néanmoins une stratégie de défense qui tient la route car elle joue sur le sentimentalisme et peut tromper un grand nombre de Maghrébins et de musulmans. Ça peut effectivement créer une dynamique virtuelle sur le Net ou servir à alimenter une quelconque cagnotte pour payer des avocats parmi les plus chers de la place de Paris et parfois même islamophobes jusqu’au trognon lorsqu’ils sont suisses ! Sauf qu’en réalité cette stratégie de défense ne fonctionne que pour une courte durée et ne fait qu’aggraver la situation…



Je suis hanté par le sort de Tariq Ramadan. 

Comme je m’en suis déjà expliqué, Ramadan n’est pas mon ami. Je respecte l’intellectuel qui a su porter une voix forte et brillante sur le plan rhétorique, dans un débat public où les basanés sont réduits aux rôles de faire-valoir et de supplétifs. En revanche, l’homme m’indiffère totalement et j’ai toujours ressenti une certaine gêne devant la vénération puérile dont il faisait l’objet au sein de la communauté musulmane, même parmi ses membres les plus éduqués.

L’homme à qui il a encore été refusé sa mise en liberté n’est pas mon ami, mais je n’en ressens que plus d’ardeur à prendre sa défense. Car ce qu’inflige la justice française à Tariq Ramadan dépasse de très loin le cas particulier de cet homme. En effet, dans un contexte où le témoignage de la principale plaignante s’est effondré, son maintien en détention est d’abord et avant tout un message à tous les basanés.

« Les basanés n’ont pas le droit de sortir des rôles qui leur ont été assignés »

Ce message, je l’entends intimement, et je ne pense pas être le seul dans ce cas. Ce message est un rappel à l’ordre de l’Etat français à tous les basanés : « Vous êtes au mieux tolérés sur ce territoire. Restez à vos places subalternes et continuez à jouer vos rôles de dominés. Dans le cas contraire, vous serez impitoyablement brisés. »…


Karim Achoui – Le Muslim Post