Après les discours extrêmement violents du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, accusant tous ceux qui s’opposent à sa volonté d’organiser des élections présidentielles dans les plus brefs délais, de traîtres et de voyous, le 30e vendredi de la révolution du 22 février commence aujourd’hui avec un nombre important d’arrestations au niveau de la place de la Grande Poste, car malheureusement ce régime corrompu n’a toujours pas compris que la détermination du peuple est totale et irréversible. Elle est tellement forte que dans leurs chants entonnés ce matin, les manifestants expliquent que ni la prison ni les balles ne les arrêteront et qu’ils n’iront certainement pas vers des élections présidentielles sous ces conditions absurdes.

Rappelons également qu’hier un président de parti politique, Monsieur Karim Tabbou, a été kidnappé chez lui par des éléments en civil des forces de sécurité, il a été incarcéré avec l’accusation stupide d’« atteinte au moral de l’armée ». Cette même armée dont le ministre de la défense était il y a à peine sept mois un grabataire en fauteuil roulant qui n’arrivait même pas à s’exprimer, le dénommé Abdelaziz Bouteflika ! Ce même ministre de la défense qui était allé se faire soigner dans un hôpital militaire français ! Cette même armée dont le vice-ministre de la défense est âgé de plus de 80 ans ! Comment peuvent-ils oser aujourd’hui balancer une telle accusation devant un peuple qui ne désire plus les voir au pouvoir !

Comme toujours, les médias hexagonaux n’ont pas parlé de cette arrestation de Monsieur Karim Tabbou qui aurait dû faire la une des journaux d’aujourd’hui. On imagine que si une jeune fille algérienne en bikini sur la plage avait été agressée, les médias en auraient fait des tonnes pendant 15 jours en expliquant à quel point ces musulmans barbares sont sauvages et arriérés… Ceci démontre encore une fois à quel point le système politicomédiatique et ces démocrates du slip soutiennent le régime militaire corrompu et dictatorial qui emprisonne et violente un grand nombre de manifestants pour délit d’opinion. L’Histoire note et archive.