Nous rappelons ici à nos lecteurs la nécessité de renoncer exceptionnellement au sacrifice de l’agneau afin de boycotter les chevillards, avides de gains, qui n’ont pas hésité, en profitant de la fête de l’Aïd – une fête religieuse – à pratiquer des prix exorbitants, voire prohibitifs, pour saigner à blanc non pas le mouton mais leurs clients potentiels ! Un agneau qui est tout le long de l’année cédé entre 80 et 120 € ne peut raisonnablement être vendu pour cette fête importante à trois fois son prix, voire plus. C’est inacceptable et insupportable, car ce n’est rien d’autre que de la spéculation, une pratique amorale et ignoble que la religion réprouve et interdit formellement. Il suffira de sacrifier une volaille afin de respecter la coutume, car sans réaction énergique des musulmans, rien ne changera. Ne dit-on pas en arabe :

الضرورة تبيح المحظورة

ce qui signifie : « La nécessité rend licite ce qui est illicite.» C’est le pendant français du proverbe : « Nécessité fait loi ! »

Et encore, il n’est même pas question ici de licéité. C’est une tradition, certes bien ancrée mais qui peut aisément être rapportée, surtout quand il s’agit, comme c’est le cas ici, d’appliquer un commandement divin, en l’occurrence la lutte contre le blâmable. La spéculation en est un ! Entre renoncer exceptionnellement et temporairement à une tradition – le sacrifice de l’agneau – et obéir à un commandement divin – la lutte contre la corruption et le culte du veau d’or -, le choix ne devrait pas poser de problème de conscience, bien au contraire.