Arno Klarsfeld, fils de Serge et Beate Klarsfeld, chasseurs de nazis, provoque un scandale retentissant. Descendant direct de juifs raflés et déportés pendant la Shoah, il déclare sur CNews (encore les mêmes) le 25 janvier 2026 qu’il faudrait organiser « de grandes rafles » pour exécuter les OQTF. Pas des rafles, non, des grandes, des massives, bien efficaces. Il s’inspire ouvertement de la politique migratoire de Donald Trump via l’ICE américaine.
« Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec [police de l’immigration US] ICE des sortes de grandes rafles un peu partout, mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière »
Il qualifie certains étrangers en situation irrégulière d’« asociaux ». Pourtant il reconnaît que ces opérations massives causeraient aussi des injustices. Il qualifie du coup l’assassinat de deux citoyens américains (une femme mère de famille devant son enfant et un homme, infirmier de 37 ans) d’injustice ! Pourtant, il connaît parfaitement le poids historique et émotionnel du mot « rafles » dans sa propre famille.
La LICRA a exprimé sa profonde « tristesse » (sic) face à cette « dérive lexicale et idéologique », peuchère. La Conférence des bâtonniers condamne ces propos qui bafouent les droits humains fondamentaux. Aucune des deux structures n’annonce pourtant le dépôt d’une plainte pénale à ce jour. Bizarre !
Olivier Faure saisit immédiatement la procureure de la République via l’article 40 du Code de procédure pénale. Thomas Portes et plusieurs députés LFI font de même. Cet article oblige toute autorité constituée à signaler sans délai un délit sans aucune formalité lourde.
Malgré ces saisines simples et automatiques, aucune plainte pénale formelle supplémentaire n’apparaît publiquement. Aucune garde à vue n’est décidée trois jours après les faits. Le parquet n’a communiqué aucune ouverture d’enquête préliminaire.
Imaginez une seconde que ce soit un musulman qui tienne de tels propos concernant les juifs par exemple ! D’aucuns dénoncent un deux poids deux mesures criant. Si un Arabe avait prononcé des mots similaires, une plainte rapide, une convocation et une garde à vue auraient déjà eu lieu à n’en point douter. Le vice-président du Conseil d’État engage une procédure disciplinaire rare le 27 janvier 2026. Klarsfeld risque l’avertissement, le blâme, la suspension temporaire ou même la radiation définitive.
Faut-il rappeler qu’il est question ici d’un conseiller d’État, c’est-à-dire un juriste – qui n’est plus avocat depuis longtemps contrairement à ce qu’affirme CNEWS – qui conseille le gouvernement dans l’élaboration des lois et des décrets ! C’est un dérapage extrêmement grave d’un membre de la haute administration de l’État français !
L’intéressé se défend fermement. Il explique le plus calmement du monde qu’il ne faut surtout pas comprendre ce qu’il a dit, les mots qui sont sortis de sa bouche ne sont pas ceux que nous avons entendus. Le réel n’est pas important, les mots n’ont aucun intérêt, circulez il n’y a rien à voir. Pourtant, face à un tribunal, les propos sont clairement condamnables.
La justice administrative avance rapidement. On verra bien ce que l’Arcom fera dans les prochains jours. Le volet pénal reste pour l’instant au point mort car Arnaud Klarsfeld a l’étiquette éternelle de victime et ne peut pas être considéré comme un bourreau…





























