La scène est proprement stupéfiante. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, s’est retrouvé incapable de localiser l’Iran sur une carte. Un pays au cœur de toutes les crises géopolitiques mondiales en ce moment — sanctions, menaces de guerre, détroit d’Ormuz, dédollarisation. Un pays dont tout le monde parle depuis des semaines.
Ce n’est pas une question piège. Localiser l’Iran sur une carte du Moyen-Orient est un niveau lycée, voire collège. Pour un ministre en exercice, censé naviguer dans les dossiers de politique étrangère européenne, c’est une lacune qui dépasse la simple bourde. Le pire c’est qu’il n’est pas le seul sur la vidéo à l’ignorer et c’est terrifiant car ces gens votent des lois !
La France négocie en ce moment sa position vis-à-vis des tensions américano-iraniennes. L’Europe tente de préserver l’accord nucléaire. Des vies et des équilibres mondiaux sont en jeu. Et le ministre délégué chargé de représenter la France dans ces négociations ne sait pas situer géographiquement l’un des acteurs principaux en moins d’une seconde. Non seulement il doit le situer sur la carte mais il doit également connaître sa géographie, les noms des grandes villes, la démographie, le PIB…
Ce moment s’inscrit dans une tendance lourde. Les classes dirigeantes françaises sont de plus en plus recrutées sur leur loyauté politique et leur passage dans les grands corps de l’État — pas sur leurs compétences réelles. Le résultat est une technocratie déconnectée, incapable d’assumer les fondamentaux du poste qu’elle occupe.
Le terme « idiocratie » n’est plus une métaphore. C’est un constat.
































