Tous les politiciens qui faisaient l’apologie de la révolution républicaine et démocratique trouvent aujourd’hui la guillotine violente et sanguinaire. C’est curieux ça non ! Quand il s’agit de couper la tête de son adversaire la guillotine est une machine de liberté et d’émancipation mais dès qu’il s’agit de séparer sa propre tête de son corps, le vocabulaire change immédiatement et la motivation initiale s’évapore… Quelle belle bande de comiques !


Depuis ce week-end des 15 et 16 décembre, une guillotine a fait son apparition à l’entrée du rond-point de la Jaunaie, à Redon, où les Gilets jaunes ont établi leur QG.

Pas du goût du député, Gaël Le Bohec.

Sa présence n’aura pas échappé aux automobilistes. Depuis ce week-end, une guillotine est installée à l’entrée du rond-point de la Jaunaie, où les Gilets jaunes redonnais campent depuis le début du mouvement.

« Deux gilets l’ont construite, explique Gwen, présent ce lundi sur le camp. Elle représente la révolution. »

Depuis son installation vendredi, les automobilistes de la zone Cap Nord la regardent avec curiosité. « On veut juste leur faire comprendre qu’il est temps qu’ils s’en aillent tous du gouvernement », poursuit Sylvie.

Gaël Le Bohec (député) : « La guillotine, c’est le gouvernement du plus fort »

Un message moyennement apprécié par le député Gaël Le Bohec (LREM). « Je n’aime jamais ces représentations de violence et de mort , explique l’élu. Je trouve ça toujours plus grave et condamnable quand on vise des personnes et qu’on ne fait plus de différences entre le personnage public et privé » .

Et le député de poursuivre : « À partir du moment où il y a du sang et ce symbole fort, on sent le message. C’est manifestement, « coupons des têtes ». La guillotine, c’est le gouvernement du plus fort, c’est anti-démocratique. »

L’élu de La République En Marche aurait préféré un autre mode d’action : « C’est par la délibération et l’échange que l’on construit la souveraineté du peuple, et ce n’est pas en coupant des têtes qu’on y arrive. Plutôt que de construire cette guillotine, je pense qu’il serait préférable de s’investir dans le débat national et de faire de vraies propositions fortes. »

Pascal Duchêne (maire) : « Il y a des limites à l’acceptable, au tolérable »

Pascal Duchêne, qui avait déjà été interpellé par les Gilets jaunes venus manifester devant sa mairie ce samedi, a été informé ce week-end de l’installation de cette guillotine. « On peut vouloir s’exprimer, mais il y a des limites à l’acceptable, au tolérable. Cette guillotine signifie que l’on est sur le registre de la violence, qui renvoie à l’idée de tête à couper. Parce que manipuler des symboles, et celui-ci revoie aux heures sombres de la nation et de la République, ce n’est pas acceptable, d’aucun point de vue.»

Le maire se demande si ce n’est pas un délit. « Il va falloir analyser la situation. C’est une invitation à la violence. Peut-être sommes-nous sur un registre de l’humour noir, mais nous sommes dans un espace public qui doit être pacifié, et non l’objet d’incitations à la haine et à la violence » , estime-t-il.

Installer une guillotine, est-ce un délit ?

Avant d’annoncer des décisions dans les jours à venir « pour la faire enlever » . Pascal Duchêne est d’ailleurs en lien avec la préfecture sur le sujet. « Nous avons des institutions, nous sommes en république, il y a des règles, une désignation démocratique des représentants de la nation et des collectivités, et c’est comme ça que cela fonctionne.»

Il lance un appel aux Gilets jaunes : « S’ils ne s’y reconnaissent pas, qu’ils enlèvent cette représentation. » Et commente leur mouvement : « On est dans un cercle vicieux. Ils ne veulent manifestement pas entendre les réponses du chef de l’État. À un moment, il faut savoir s’arrêter. Je crains une certaine forme de radicalisation du mouvement, qui est par ailleurs maîtrisé à Redon depuis le début. »

Photo d’illustration : Une guillotine a été installée ce week-end des 15 et 16 décembre à l’entrée du rond-point de la Jaunaie – OUEST FRANCE

Ouest France