Chroniques-Dortiguier


Iran-USA-Dortiguier-LLP


Ce que l’Iran n’a pas obtenu !


L’on peut dire des semi-vérités, comme d’annoncer la tenue d’un mariage, compter les invités, décrire les lieux, mais omettre de signaler les conjoints, qui sont l’essentiel, en ne précisant pas que c’est leur volonté qui fait tout, en présence d’un magistrat ou d’un clerc déclarant une situation, sans la créer. Ces précisions de droit laïque ou ecclésiastique distinguent entre ce qui est le sujet d’un tableau et son cadre ; il en va de même pour cette grande question des avantages censés avoir été, après promesse de levée des sanctions consécutives à l’accord sur l’énergie atomique, obtenus par l’Iran, lesquels font penser à la vente de ce même cadre de tableau bien doré dont on aurait détaché l’œuvre picturale ! Un cadre vide, comme un jouet entre les mains des Iraniens et que le gouvernement libéral présenterait comme la restitution d’un bien confisqué par ceux qui se voulaient les maîtres du pays et traitaient l’Empereur autoproclamé des lieux comme un domestique dont ils avait quasiment fait disparaître le père en déportation aux Seychelles puis en Afrique du Sud !

L’on lit dans la presse aux ordres qu’il y aurait une bataille entre conservateurs et réformateurs, et chacun de le tenir pour une explication suffisante du schéma de ces deux élections simultanées qui se joueraient entre l’influence du Guide de la Révolution, dit le Guide Suprême, redisant la formule coranique que Dieu ne transforme un peuple qui si ce dernier y est volontairement disposé, et Guide élu par une commission de 88 experts auxquels est confiée la responsabilité de la moralité publique et de l’information, et celle du Président de la République ! C’est là tout un système de cohésion et de surveillance réciproque, aussi imparfait, dira-t-on, que ce qui veut substituer la politique à la morale, car seule l’unité de cette dernière fait d’un peuple une unité de volonté, une communauté, le reste ayant le destin d’une société, celui d’être un gâteau toujours trop petit pour les appétits voraces ! Mais ne tout voir que par la morale est le propre, disait le grand Goethe et son collègue Hegel en Allemagne, de la belle-âme, qui ignore le mal et croit ainsi par sa seule conscience l’avoir supprimé ! Le Diable en question, que l’opinion publique iranienne imagine souvent avoir amadoué, selon la définition de l’Imam Khomeini d’heureuse mémoire, est le Grand Satan US qui annonce devoir rendre à l’Iran un milliard sept cent millions de dollars, alors qu’il ne s’agit que des intérêts de plusieurs dizaines de milliards confisqués aux sociétés pétrolières iraniennes pendant une génération. Prétendre que le Président Rouhani peut tirer avantage de son résultat politique de levée des sanctions est prendre des promesses pour argent comptant et ignorer que cent pièces de monnaie réelle ne valent pas cent fictives, comme on l’apprend chez le scrupuleux philosophe de la Prusse, le professeur autrefois de la Königsberg encore occupée contre le droit des gens, Kant ! Les États-Unis vont-ils retenir l’argent de la nation iranienne comme les Russes Königsberg ? Et encore ces derniers avec Brejnev avaient proposé aux Allemands, prêteurs d’argent permanents, de leur restituer la ville sacrée des premiers Rois de Prusse moyennant finance, car les démocraties rouges ou blanches ont toujours très faim ! Ce que l’Ayatollah Khamenei fait savoir quand il demande de ne pas abandonner les firmes iraniennes aux Anglo-américains et à leurs succursales européennes et asiatiques est de vérifier d’abord la loyauté des partenaires économiques en leur faisant régler leurs dettes ! sinon le leadership US vanté par le frankiste Zbiegniev Brezinsky se fortifiera d’une  fortune non réclamée, ou, plus exactement dit, d’un vol de richesse nationale étrangère non restitué… pour des raisons morales, de non respect des droits de l’homme, d’armement non conforme aux appréciations américaines et à leur habitude de ne tolérer que des esclaves armés, non des peuples forts indépendants !


Mais qui craint mieux la vérité que les spoliateurs et usuriers professionnels ?


Il ne s’agit pas ici d’entrer dans les querelles politiques iraniennes, et d’attribuer à tel membre du clergé ou laïque la détermination du célébrissime Réformateur saxon contre le Pape qu’il accusait de thésauriser, de tirer bénéfice du commerce des âmes, car  partout où l’homme s’élève avec la flatterie de l’Enfer, il devient un Pape qui parle comme s’il était plus qu’un homme, alors que son réalisme demeure enfantin, sa politique toute électorale, de courte vue ! Il en va ainsi de la querelle qui agite l’Iran sur le travail et le chômage, maladie mondiale de ceux qui se coulent dans la finance du même nom ! L’un des éléments du chantage anglo-américain, avant de restituer l’argent volé, est de proposer une entrée en Iran avec l’objectif d’éliminer ses concurrents et notamment le made in Germany, de demander ensuite des concessions de tous ordres qui contribueraient au résultat que craint la société civile iranienne : une augmentation du chômage, par la fin de l’assistance progressive de l’État très pratiquée par l’ancien gouvernement présidentiel, sous Mahmoud Ahmadinejad très social !
La forte participation populaire électorale montre ce que craint l’Amérique et son alliée locale, la surveillance des actes des dirigeants et l’autodétermination constitutive d’un peuple actif, qui n’est point une masse de consommateurs mendiant sa survie.
Une lutte souterraine des États-Unis se serait ainsi engagée avec l’Iran réel, appuyé, insistons-y, sur un chantage aux proches élections américaines pouvant briser les promesses obtenues, et la meilleure manière de rassurer les deux peuples que les forces occultes veulent voir s’affronter, et notamment l’entité sioniste, serait de leur dire la vérité sur l’état des marchés et des finances publiques et surtout internationales. Mais qui craint mieux la vérité que les spoliateurs et usuriers professionnels ?