Sept ans après la découverte d’un véritable charnier au cœur de la capitale (quelle lenteur !), la justice semble enfin bouger le petit doigt. Le parquet de Paris vient de requérir un procès contre… 3 personnes seulement, dans l’affaire du scandale du charnier de Paris-Descartes. Que 3 oui, vous ne rêvez pas ! Comment est-ce possible ? Deux préparateurs en anatomie et l’ancien président de l’université sont visés. Mais un détail scandalise déjà les familles de victimes : l’établissement lui-même échappe aux poursuites grâce à une stratégie vicieuse mais efficace. Une décision qui ravive une colère jamais vraiment éteinte depuis 2019 à juste raison.
Tout commence en novembre de cette année-là, lorsque L’Express dévoile l’horreur cachée derrière les murs du Centre du don des corps. Des centaines de dépouilles s’entassent alors dans des conditions indignes, livrées aux rats et à la décomposition. Ce lieu, longtemps surnommé le « temple de l’anatomie française », accueillait pourtant des personnes ayant choisi, par générosité, de léguer leur corps à la science. Face à l’ampleur du scandale, le centre ferme ses portes le jour même. Plus de 170 familles déposent alors plainte, bouleversées par ce qu’elles découvrent. Une enquête administrative de l’IGAS confirmera d’ailleurs, dès 2020, de graves manquements éthiques au sein de l’établissement et c’est peu dire.
Désormais, le parquet réclame – enfin – le renvoi devant le tribunal de trois personnes précises : Frédéric Dardel, ancien président de l’université, est accusé de ne pas avoir agi malgré des alertes répétées entre 2016 et 2018. Photographies à l’appui, des rapports décrivaient pourtant l’état de décomposition avancée de centaines de corps. Ainsi que 2 préparateurs en anatomie qui sont également poursuivis pour des faits glaçants : l’un, tel un charognard, est soupçonné d’avoir prélevé des dents en or et des bijoux sur des cadavres, entre 2013 et 2018. L’autre aurait conservé des ossements humains dans des conditions indignes, à des fins strictement privées. Tous trois risquent ainsi d’être jugés pour atteinte à l’intégrité de cadavres humains.
Non-lieu pour l’ex-université Paris-Descartes !
Toutefois, un fait interpelle et alimente déjà la controverse autour de cette affaire. L’ex-université Paris-Descartes bénéficierait, elle, d’un non-lieu pur et simple. Absorbée depuis par l’établissement Paris Cité, elle n’existerait plus juridiquement en tant que personne morale. Une explication technique qui passe mal auprès des associations de victimes mobilisées depuis des années. Certaines dénoncent ouvertement une stratégie destinée à échapper à toute responsabilité collective. D’autant que l’enquête administrative avait clairement établi une responsabilité institutionnelle, au-delà des seuls individus poursuivis. Où est passée l’affaire scandaleuse des crash-tests !!!
Pour les parties civiles, ce non-lieu ressemble à une manière habile de diluer les responsabilités pour in fine les faire disparaitre. L’institution s’effacerait derrière un simple changement de nom, sans jamais rendre de comptes véritables face à la justice. On connait la technique, déjà usitée par les scandales chez les banksters, les partis politiques, les Ehpads…
Les fantomatiques responsables du charnier de Paris-Descartes
Cette affaire illustre ainsi un mécanisme bien connu : les décideurs restent rarement au premier rang des poursuites. Ce sont souvent les exécutants, en bas de la chaîne, qui portent le poids judiciaire de dysfonctionnements bien plus larges. Pourtant, c’est bien l’organisation tout entière qui semble avoir failli pendant des années et ils sont nombreux vu la durée des infractions et le nombre de décideurs impliqués.
La décision finale reviendra désormais au juge d’instruction, qui n’est pas tenu de suivre le parquet. Les familles, elles, continuent d’espérer un procès à la hauteur du scandale révélé. Reste à savoir si la justice ira au bout de cette affaire, ou si elle s’arrêtera, une fois encore, aux portes des institutions. D’autant qu’au final, les peines seront ridicules , encore des peines de prison avec sursis et amendes avec sursis…





























