Julien Odoul a été mis en examen pour « recel de détournement de fonds publics » par la juge d’instruction Claire Thépaut après avoir collecté des indices accablants, notamment des SMS qui démontrent clairement que quatre mois après sa prise de fonction au Parlement européen, Monsieur Julien Odoul n’avait même pas encore rencontré la députée à laquelle il était rattaché : « Serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour voir comment se déroule une session au Parlement européen et faire la connaissance de Mylène Troszczynski à qui je suis rattaché ? »

De surcroît, les enquêteurs n’ont pu trouver dans son ordinateur aucune preuve matérielle qu’il ait pu travailler comme assistant de cette députée européenne ; bien au contraire, il était beaucoup plus actif au niveau de son job de conseiller de Marine Le Pen. Ce qui fait penser à un emploi fictif auprès du Parlement européen qui servirait à financer son poste parisien.

N’est-ce pas merveilleux ? C’est ce même Julien Odoul qui s’est rendu célèbre en agressant verbalement une femme voilée et en exigeant qu’elle soit expulsée de la salle de manière totalement illégale et peu respectueuse de la loi, faisant même pleurer son enfant. Il semble en tout cas patauger dans cette sale affaire de recel de détournement de fonds publics dont nous attendons l’issue judiciaire avec une impatience non dissimulée.


L’élu Rassemblement national qui a pris à partie une mère voilée a été mis en examen en avril 2019 dans l’affaire des emplois fictifs européens. Les juges suspectent que son emploi de « conseiller spécial » de Marine Le Pen était financé illégalement par les contribuables européens.

Inconnu du grand public jusque-là, Julien Odoul, conseiller régional Rassemblement national (RN) en Bourgogne-Franche-Comté, s’est récemment fait un nom. Le 11 octobre, il a réclamé qu’une mère de famille accompagnant son fils à une séance du conseil régional dans le cadre d’une sortie scolaire quitte la salle au motif qu’elle portait un voile. Effet buzz garanti. La vidéo a été vue plus de 4 millions de fois sur Twitter. On l’y voit invoquer la « loi de la République », alors même que rien n’interdit à une femme de porter un voile dans l’enceinte d’un conseil régional. Le 17 octobre, la mère a d’ailleurs annoncé qu’elle portait plainte contre l’élu et la présidente PS du conseil régional, Marie-Guite Dufay, envisage de lui emboîter le pas.

Si les tribunaux se saisissaient de cette affaire, ce ne serait pas la première fois que Julien Odoul aurait des démêlés avec la justice.


Photo d’illustration : Julien Odoul au côté de Marine Le Pen en 2015 lors des élections régionales. SEBASTIEN BOZON / AFP

Laurent Fargues

Challenges

25 octobre 2019