C’est ainsi que la vie des malades est mise en danger en France après la destruction méthodique de l’hôpital public. Après un quinquennat catastrophique, Macron/Philippe/Castex/Buzyn/Véran ont systématiquement affaibli l’hôpital en diminuant les moyens, la suspension de 15 000 soignants a été la goutte qui a fait déborder le vase. Ceci n’empêche pas ces mêmes soignants d’appeler à voter pour leurs tortionnaires, c’est un véritable mystère qui ne trouvera pas de réponse de sitôt.
« Nous prenons de plein fouet la désertification »
Devenu cyclique, ce problème d’engorgement – « qui est global en France » – s’explique notamment par « une fréquentation qui a eu la fâcheuse tendance à se déplacer en fin d’après-midi et premier partie de nuit », note d’abord le docteur Julien Jeannelle, chef de service des Urgences adultes de l’hôpital Jacques-Monod, au Havre.
« C’est là que l’on enregistre parfois les taux de fréquentation les plus importants, avec un effectif médical de garde donc diminué par rapport à celui de journée, détaille le médecin. On a finalement une inadéquation entre les moyens proposés et les besoins. »
Cette tendance, le praticien l’associe à un autre phénomène. « Nous prenons aussi de plein fouet la désertification des médecins généralistes en ville, qui ne peuvent plus assurer 600, 700… ou 1 000 patients dans leur patientèle », assure-t-il.
Un mésusage des Urgences
En résulte souvent « un certain mésusage des Urgences, avec des patients qui fréquentent nos services pour des problématiques qui ne sont absolument pas de notre ressort, que l’on accueille néanmoins ». Pour le docteur Jeannelle, ce ne sont pas tant les épidémies et virus saisonniers qui viennent engorger son service, mais par exemple « des douleurs qui évoluent depuis trois mois, pour lesquelles les patients n’ont pas initié de prise en charge en ambulatoire parce qu’ils ont pas de médecin ».
Grippes et autres gastros peuvent en revanche avoir un autre effet sur l’organisation des services. Ces épidémies « vont entraîner un absentéisme des agents, qui sont eux aussi touchés par ces virus, ce qui va nous obliger à fermer des lits », explique-t-on ainsi au CHU de Rouen. Elles touchent donc l’un des points sensibles de l’établissement : les effectifs.
Nous sommes en plein recrutement et avons déjà trouvé une soixantaine d’infirmières. Mais il nous en manque encore une trentaine, ce qui fait que nous ne fonctionnons pas à plein régime.
Embouteillage sur la filière d’aval
Priorisées, les Urgences ne sont pas en manque de personnel en elles-mêmes. En revanche, « la filière d’aval », composée en partie des autres services de l’hôpital, se retrouvent à court de soignants, et donc de places pour accueillir les patients. « Nous avons ainsi des personnes qui stagnent aux Urgences dans l’attente d’un lit, alors que d’autres continuent d’arriver », décrit la direction du CHU de Rouen.
Au Havre, ce sont les difficultés de recrutement des établissements privés, en particulier aux Ormeaux, mais aussi à l’Hôpital privé de l’Estuaire, qui impactent les Urgences publiques. Depuis septembre, ces derniers ferment régulièrement leur service la nuit ou le week-end, entraînant un report vers Jacques-Monod.
Cela rend particulièrement complexe et un peu anxiogène la tenue du service, avec cette impression pour le personnel de ne pas pouvoir délivrer les soins que l’on voudrait effectuer, d’un peu bâcler le travail.
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Photo d’illustration : Alors que les Urgences sont régulièrement engorgées, les hôpitaux de Rouen et du Havre donnent des éléments d’explications sur cette situation. (©Illustration/AdobeStock)
21 avril 2022














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