Cette lettre du Dr Claude Escarguel traduit parfaitement le dilemme auquel sont confrontés la plupart des médecins praticiens : agir en leur âme et conscience pour ce qui leur semble être le meilleur pour leurs patients en tenant compte des résultats encourageants, voire spectaculaires dans certains cas, fidèles en cela au serment qu’ils ont prêté, même si ce dernier remonte à des décennies pour certains d’entre eux, ou demeurer passifs à regarder mourir leurs patients dans les services de réanimation ou dans les couloirs lorsque ces derniers sont surchargés. Le cafouillage dont se sont rendu coupables les pouvoirs publics ainsi que le manque de transparence ont fini par entraîner une réaction de défiance de citoyens complètement abasourdis par le caractère aberrant des décisions prises et par les retournements spectaculaires. Dans les situations d’urgence mettant en danger la santé des citoyens, l’attentisme n’est pas permis, notamment lorsqu’il n’existe pas d’alternative. La désobéissance civique devient alors le seul recours pour sauver des vies humaines.


Cher confrère,

Je vous remercie de votre initiative du CHU d’Angers concernant les essais de l’hydroxychloroquine dans des indications telles que les recommande le Pr Raoult et non celles préconisées par le projet « Discovery », projet qui n’avait à notre sens qu’un seul but : discréditer les hypothèses d’efficacité de cette molécule.

Nous remarquons toutefois que le traitement n’est pas celui indiqué puisque vous avez supprimé l’association avec l’Azythromicine, association qui entraîne une chute de 50% de la charge virale (en comparaison de l’Hydroxychloroquine seule) et qui l’annule (testé par culture sur cellules) en 5 jours (au lieu de 12 à 20 chez les malades non traités) : résultats laissant présager, sans avoir besoin d’une boule de cristal, non seulement la diminution du pouvoir contaminant des porteurs du virus mais aussi l’amélioration clinique dans la mesure ou ce traitement est pris assez tôt.

Renseignements pris, vous laissez le soin à quelques praticiens, composant la cohorte de testeurs, d’y rajouter l’Azythromicine au risque de rendre l’interprétation des résultats très compliquée : cette liberté « méthodologique » risque de vous entraîner les foudres de Mme le Pr Karine Lacombe et de tous ceux qui ont « jeté des pierres » sur la seule personne qui à la date d’aujourd’hui avait ouvert une piste facile à suivre.

Vos arguments officiels sont : le risque cardiaque de l ‘association, risque pondéré non seulement par la cohorte de patients traités par le Pr Raoult (plus de 2000 à ce jour) sans aucune complication étant donné la brièveté du traitement et la surveillance cardiaque des patients mais surtout par l’accréditation de la FDA aux USA.

Face à cette évidence, que vous aviez vous même constatée, vous avez ensuite déclaré que vous étiez obligé de suivre les indications de l’ANSM qui ne souhaitait pas vous autoriser, dans le cadre de vos essais, à tester cette association !!!!!!

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), tétanisée par l’affaire du Médiator dans laquelle elle a été jugée pour « négligences » pour avoir tardé à suspendre la commercialisation de cette molécule et pour « avoir des liens d’intérêt avec le Groupe Servier », prend le risque, si vos affirmations sont exactes, d’être encore une fois devant ses responsabilités : cette fois par contre pour « avoir retardé la validation d’un traitement » dont l’urgence s’impose à nous tous vu le nombre de décès qui auraient pu être diminués si les signes de détresses respiratoires avaient été évités par une thérapie précoce et appropriée préconisée par le Pr Raoult (avec ll’Azythromicine).

Conscients de votre conscience professionnelle et de votre engagement à respecter le serment d’Hippocrate, qui vous oblige à adapter, en votre âme et conscience, le meilleur traitement à vos patients, nous sommes persuadés que votre éthique vous entraînera, comme le fait aujourd’hui Didier Raoult et comme d’autres Français en 1940, à une désobéïssance civique pour le bien des malades traités et à appliquer dans vos essais l’association préconisée et non la seule Hydroxychloroquine.

Cette interpellation respectueuse est aux antipodes d’une volonté polémique et se limite à essayer d’agir pour le bien commun.

Confraternellement

Claude Escarguel* A microbiologiste hospitalier

A président du Syndicat National des Praticiens des Hopitaux Généraux (SNPHG)

A chef de laboratoire de l’institut Pédiatrique de Marseille

Co créateur de société de biotechnologie (International micro bio et BVT : découvreur du premier vaccin mondial contre la leishmaniose canine)

Ancien collaborateur de D Raoult à l’IHU de Marseille et témoin du sérieux de toute son équipe.