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On a déjà parlé ici des dangers de ces médicaments, à vrai dire des drogues puisqu’il est question d’opiacés durs. Le cas choquant de l’Oxycontin aux USA est à lui seul suffisant pour se rendre compte de la dangerosité de ces molécules que les médecins et pharmaciens font passer pour du simple paracétamol. Sauf qu’à la première prise de ces molécules, on devient très vite accro et totalement drogué. Le nombre de morts causées par ces drogues ne fait qu’augmenter. Il faut savoir que ces médicaments sont également prescrits en France.Bien sûr, ils auront beau les interdire ou limiter leurs indications aux États-Unis, il est hors de question que la France les suive, comme toujours.


Face à l’épidémie d’overdoses, l’administration américaine n’a d’autres choix que de s’attaquer aux professionnels de santé.

Les procureurs américains cibleront désormais les médecins et les pharmaciens pour lutter contre l’addiction croissante aux opiacés délivrés sur ordonnance et contre la consommation d’héroïne, a annoncé mercredi le ministre de la Justice, Jeff Sessions.

L’administration judiciaire va puiser dans les données des services de santé afin d’identifier médecins et pharmaciens qui prescrivent et distribuent illégalement ces opiacés, une catégorie de stupéfiants englobant des médicaments analgésiques. Douze procureurs sillonneront les Etats-Unis pour poursuivre les contrevenants, a précisé Jeff Sessions.

Les analgésiques opioïdes et l’héroïne ont contribué à quelque 60.000 décès par overdose aux États-Unis en 2016, soit une augmentation de 19% par rapport à l’année précédente, selon une estimation compilée par le New York Times. En 2015, 52.404 sont mortes de cette façon selon les chiffres du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC), dont 63% impliquant un opiacé. Entre deux à trois millions d’Américains sont dépendants aux analgésiques opioïdes ou à l’héroïne.

Les toxicomanes ont parfois recours à des médicaments très puissants tels que le fentanyl, un  opioïde de synthèse 50 fois plus puissant que la morphine et qui peut tuer par simple contact avec la peau.

Des laboratoires poursuivis en justice

L’accent mis sur la poursuite des professionnels de la santé fait partie d’un effort des autorités américaines visant à freiner l’abus de drogues comme l’Oxycontin® et le Vicodin®, considérés comme très addictifs et pouvant conduire à la consommation d’héroïne lorsque la prescription de ces puissants traitements anti-douleurs n’est plus possible.

« Ce sera le plus haut taux de mortalité par drogue et l’augmentation la plus rapide du nombre de morts par drogue, dans l’histoire de cette république », a déclaré Jeff Sessions en référence aux chiffres de 2016 pas encore dévoilés mais dont les estimations vont dans le sens d’un « record » de mortalité. Il s’exprimait devant une académie de police de l’Ohio, dans le nord des États-Unis : « Si vous êtes un médecin prescrivant des opiacés à des fins lucratives, ou un pharmacien qui laisse ces pilules se retrouver dans la rue sur la base d’ordonnances que vous savez obtenues de manière frauduleuse, nous vous poursuivrons. »

L’Ohio est l’un des États les plus durement touchés par cette forte hausse des décès par overdose, avec un taux de 30 morts par overdose pour 100 000 habitants en 2015, la Virginie possédant le plus haut ratio, avec 41,5 décès pour 100 000 habitants. Comme d’autres Etats, l’Ohio poursuit en justice plusieurs entreprises pharmaceutiques accusées d’avoir minimisé le caractère addictif des opiacés qui sont commercialisés.

Le laboratoire Mallinckrodt a par exemple écopé d’une amende de 35 millions de dollars pour avoir distribué de 2008 à 2011 un nombre excessif de pilules d’oxycodone sans avoir prévenu l’agence antidrogue américaine (DEA). « Les actions de Mallinckrodt et ses ommissions ont formé un maillon de la chaîne d’approvisionnement avec pour résultat la vente de millions de pilules d’oxycodone dans la rue », avait déclaré Jeff Sessions le 11 juillet, décidé à résoudre la crise alors que Donald Trump pourrait bientôt déclarer l’état d’urgence.


France info / AFP