Voici comment les criminels de Big Pharma s’en sortent à chaque fois ! Ils tuent des millions de personnes puis ils paient une lourde amende pour éviter la case prison ! C’est tout de même assez fou d’accepter une telle injustice d’autant que cette même industrie poursuivra son génocide pharmacochimique avec d’autres molécules… « On a tué 400.000 personnes ; pas si grave, tenez 50 milliards de $ et on n’en parle plus » !

C’est ce qui arrive quand une civilisation décide de se soumettre au règne de l’argent roi.


Trois distributeurs de médicaments et un laboratoire – Teva -, ont trouvé un accord avec les deux collectivités locales de l’Ohio qui devaient ouvrir ce lundi le procès-fleuve de la crise des opiacés.

Cela ne signe toutefois pas la fin des contentieux, alors que 2.300 plaintes doivent être examinées pour déterminer les responsabilités.

In extremis. Après des semaines de discussions, un accord à 250 millions de dollars, selon Bloomberg, a été trouvé dans la nuit de dimanche à lundi pour solder les plaintes de deux comtés de l’Ohio avec les trois géants de la distribution de médicaments aux États-Unis et le laboratoire pharmaceutique Teva. L’accord donne un peu de temps à l’industrie pharmaceutique : ces deux collectivités locales devaient ouvrir ce lundi à Cleveland (Ohio) le procès-fleuve de la crise des opiacés.

Il ne signe toutefois pas la fin des contentieux : le procès prévoyait d’examiner les plaintes de 2.300 villes, hôpitaux ou Etats américains qui accusent le secteur pharmaceutique d’avoir favorisé, par la diffusion massive de médicaments anti-douleur, la dépendance et la mort de dizaines de milliers de personnes aux États-Unis – 400.000 morts par overdose d’opioïdes ont été recensées ces vingt dernières années. Les plaintes des deux comtés de l’Ohio, particulièrement touchés par les overdoses, devaient servir de « pilote » pour le déroulement du processus.

Solder les contentieux

Chargé de conduire ce premier procès fédéral, le juge Dan Polster a encouragé la voie d’un règlement global à l’amiable. Plusieurs acteurs du secteur ont d’ailleurs déjà négocié. Si le pharmacien Walgreens Boots Alliance, également visé par les plaintes, n’a pour l’instant pas fait part d’un accord, Johnson & Johnson avait déjà négocié avec les deux comtés de l’Ohio, avec un chèque de 20 millions de dollars.

Les avocats devraient maintenant continuer à discuter pour tenter d’arracher un accord global. Deux laboratoires pharmaceutiques (J & J et Teva) et les trois distributeurs de médicaments (Amerisource Bergen, Cardinal Health et McKesson) ont proposé, selon la presse américaine, près de 50 milliards de dollars pour solder les contentieux. La somme serait versée en cash et en médicaments sur une période de dix-huit ans.

Si elles estiment toujours avoir respecté les règles en vigueur pour commercialiser leurs médicaments, ces entreprises veulent tourner la page du scandale et redoutent l’incertitude liée à un procès. En août, le laboratoire Johnson & Johnson a de fait été condamné à une amende de 572 millions de dollars dans un premier procès intenté par l’Oklahoma – le groupe a décidé de faire appel.

Deux autres laboratoires (Purdue Pharma et Teva) avaient préféré négocier avec l’Etat et ont accepté de payer respectivement 270 et 85 millions de dollars. Depuis, Purdue Pharma, fabricant de l’OxyContin, s’est de son côté placé sous le régime des faillites dans le cadre d’un large accord avec une multitude de plaignants.

Traitements coûteux

Les collectivités locales et les hôpitaux dénoncent dans leurs plaintes des pratiques commerciales agressives de la part des laboratoires et le laxisme de certains distributeurs. Et veulent être indemnisés pour les traitements coûteux des malades dépendants aux opioïdes.

Selon la presse américaine, les premières tentatives de règlement à l’amiable avaient notamment achoppé sur l’usage des fonds d’indemnisation, et en particulier leur répartition entre le niveau local et les Etats. Le niveau de rémunération des avocats aurait également créé des tensions.


Photo d’illustration : chargé de conduire le premier procès fédéral de la crise des opiacés, le juge Dan Polster a encouragé la voie d’un règlement à l’amiable – (Tony Dejak/AP/SIPA)

 Véronique Le Billon (Bureau de New York)

Les Échos

21 octobre 2019