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Le dégénéré Laurent Wauquiez veut ouvrir un Guantanamo à la française alors que la planète entière sait que Guantanamo a été totalement inutile ! Il suffit de voir l’état de l’Irak, de la Syrie, de l’Afghanistan, de la Libye et du nombre d’attentats terroristes de part le monde ! Mais bon, il faut avoir un peu de jugeote pour comprendre ce qui ne semble pas être son cas. Mieux encore, Douillet, David de son prénom, a critiqué le fait de respecter la constitution se moquant même des légalistes !!! Voila pourquoi il ne faut jamais laisser des sportifs atteindre ce genre de responsabilités politiques… Malheureusement c’est déjà trop tard !


Ces dernières heures, Laurent Wauquiez et David Douillet ont plaidé pour des mesures contraire à la Constitution et aux Droits de l’Homme, sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Faut-il s’inquiéter de l’état de la droite ?    

L’espace d’une journée, Manuel Valls est redevenu de gauche. Il peut en remercier Laurent Wauquiez et David Douillet. Le premier, à l’Assemblée, durant le débat sur la prolongation de l’état d’urgence, a demandé (une fois de plus) l’instauration d’un Guantanamo à la française, où l’on pourrait enfermer à volonté, selon le bon plaisir d’on ne sait qui, ceux qui pourraient être suspects d’un éventuel passage à l’acte criminel ?

Comme il se doit, Laurent Wauquiez a justifié cette demande au vu des événements des derniers mois : « Dans ceux à l’origine de très nombreux attentats terroristes au cours des derniers mois, il y avait très souvent des individus qui étaient surveillés par les réseaux de renseignement, classés dans les fichiers S, et qui, si vous aviez appliqué cette mesure, n’auraient pas pu passer à l’acte ». Ce à quoi Manuel Valls a répondu, renouant ainsi avec la distinction fondamentale entre l’humanisme qui fonde la gauche et le naturalisme qui emprisonne la droite : « La France dont je dirige le gouvernement ne sera pas celle où seront instaurés des centres où l’on enferme de manière indéterminée, pour un temps indéterminé, des individus que l’on suspecte », ajoutant au passage un petit rappel historique : « la notion même de suspect a entraîné ce pays à des moments donnés, dans son histoire au cours des deux derniers siècles, dans le pire ».

Laurent Wauquiez osant tout, on précisera ici également que l’auteur de l’attentat de Nice n’aurait pas été empêché d’agir, puisque hors classement fichier S, et n’étant connu que pour des délits n’ayant rien à voir avec le terrorisme. Bref, comme à son habitude, méprisant toute forme de respect de la vérité, le député du Puy-en-Velay joue avec la somme de toutes les peurs possibles pour entretenir la machine à droitiser l’électorat de droite.

« Sacro-sainte Constitution »

On en était là, quand David Douillet, invité de France Inter quelques heures plus tard, a entonné un couplet similaire, dénonçant le refus du gouvernement Valls d’intégrer des amendements dans le projet de loi prolongeant l’état d’urgence au motif que ceux-ci étaient en tous points contraires à la Constitution, le député des Yvelines a lâché l’une de ces petites phrases dont il a le secret : « Les amendements ont été rejetés par une gauche que l’on sent complètement sclérosée, figée dans une posture en se réfugiant [sic] systématiquement derrière cette sacro-sainte Constitution. Mais on est là pour changer tout ça. Il faut qu’on aille beaucoup plus loin. Les Français nous le demandent. »

On s’en veut presque de l’écrire, tant cela en dit long sur l’état culturel de la classe politique actuelle, mais ce que dit David Douillet est d’une absurdité totale, tant juridique que politique. Pour protéger les droits de l’Homme, intégrés à la Constitution via le bloc de constitutionnalité, il conviendrait de les fouler aux pieds en passant outre à la « sacro-sainte Constitution ». Ou bien alors, David Douillet se lance dans une habile opération stratégique : si le meilleur moyen de défendre les Droits de l’Homme est les supprimer, l’Etat islamique en serait pour ses frais, puisque n’ayant plus rien à attaquer et détruire, il aurait ainsi accompli son dessein, et de fait, le terrorisme cesserait, faute de mobile.

Foin d’ironie. Constatons à travers les déclarations de Laurent Wauquiez et David Douillet l’état moral de certains éléments de la droite française en mal de pouvoir, oscillant entre le cynisme le plus décomplexé et une certaine forme d’irresponsabilité politique qui ne peuvent qu’inquiéter.

Dérives extrémistes

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ne peuvent s’exonérer de toute part de responsabilité dans ces dérives extrémistes. L’un comme l’autre, en se lançant dans un procès en responsabilité de François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, ont libéré l’habitus sécuritaire, si ce n’est contre révolutionnaire, d’une partie de la droite que l’on baptise encore « républicaine » par convention sémantique.

On cite ici Laurent Wauquiez et David Douillet, qui sont le climax de la séquence médiatique et politique ouverte dans les rangs de LR depuis le 15 juillet au matin, mais on pourrait ici ajouter bien des noms à la liste de ceux qui, les yeux rivés sur la Primaire LR de novembre prochain et l’influence de Marine Le Pen au sein de la droite, ont décidé que le sens de l’intérêt général et l’exigence d’union nationale ne pesaient pas grand-chose en regard de leurs intérêts particuliers…

Ces derniers jours, entre messe à Nice et discours autoritaire, la droite française a montré qu’elle était saisie par cette sorte de vertige qui, par cycle récurrent, la pousse à renouer avec la tentation de rogner, quand ce n’est pas nier, l’héritage politique et juridique des Lumières et de 1789. Dès lors que survient une période de crise, des temps de tension, internes et externes, une partie de la droite, sous le prétexte de lutter contre l’ennemi intérieur et extérieur, renoue avec la tentation du sabre et du goupillon. L’autorité et l’Eglise, voilà le programme qui n’a guère varié au cours des décennies écoulées.

Ce réflexe historique est né dans les débuts de la IIIe République, quand face à des Républicains et une gauche accumulant les succès électoraux, la droite française se repliait sur l’Armée et l’Eglise, en attente de la grande revanche qui ne manquerait pas de survenir. Contre la République, source de décadence et d’abaissement. Et contre l’ennemi héréditaire, le vainqueur de 1870, confiscateur de l’Alsace-Lorraine, l’Allemand. En réponse à cette sacralisation politique portée par ces deux piliers de la Droite, la République avait inventé sa propre sacralisation laïque, cette « politique cérémonielle » diagnostiquée par Nicolas Roussellier (La Force de gouverner, Gallimard). En sortant le sacré politique de l’Eglise, la République avait instauré sa propre sacralité (d’où la naissance de la loi de 1905). François Hollande est le continuateur du processus, là où Nicolas Sarkozy en a été l’interrupteur historique, et continue de l’être, comme en témoigne son comportement des derniers jours.

C’est bien cet état d’esprit là, renaissant par cycles depuis un siècle et demi, et dont on pensait la droite guérie depuis le naufrage de Vichy et le puissant antidote que furent de Gaulle et le gaullisme, qui parait de nouveau saisir certains éléments de la droite française. Le premier geste de communication politique de Nicolas Sarkozy, après la tragédie de Nice, n’a-t-il pas été de se rendre à Nice pour y assister à une messe catholique, de manière plus qu’ostentatoire, en compagnie des grandes figures de la droite locale, estampillée Les Républicains ?

Les dernières sorties de Laurent Wauquiez et David Douillet ne sont pas le seul fruit de la vacuité politique de l’époque, elles sont aussi le produit d’une histoire propre à la droite française. Sa tradition. Son héritage. Sa vocation historique qui la pousse, dès que l’histoire lui en offre l’opportunité, à tenter de reprendre, en tout ou partie, ce qui a été concédé depuis 1789.

L’affaire permet en tout cas de rappeler, à ceux des gauches de la gauche qui le traitent en héritier du pétainisme depuis des mois, que Manuel Valls n’est ni un Wauquiez, ni un Douillet. Le percevront-ils à temps, quand il sera devenu vain de proclamer, comme en 1986, « Au secours, la droite revient ! » ?

Sur le web : David Douillet accuse la gauche de se « réfugier derrière cette sacro-sainte Constitution »