Dans une interview accordée à Humo, l’ancien mentor du septuple vainqueur déchu du Tour de France est revenu sur les anciennes moeurs du peloton et s’est notamment attaqué à certains managers d’équipes françaises et à Greg LeMond, le triple vainqueur du Tour (1986, 1989 et 1990). Concernant l’Américain, le Belge de 55 ans critique le fait que ce dernier s’est toujours déclaré comme étant un vainqueur du Tour de France propre.


« Greg Lemond dit qu’il est un vainqueur propre ? De grosses conneries »


« Dans les années 1990, tout le monde avait accès aux mêmes médicaments, le dopage sanguin et l’EPO. Greg LeMond dit toujours qu’il est le seul vainqueur propre. Ce sont de grosses conneries ! Il a toujours roulé pour des équipes françaises (sauf lors des saisons 1988 et 1989, ndlr), équipes qui étaient les rois de la cortisone. On ne peut pas imaginer qu’il n’ait jamais rien pris ! Il a battu Bernard Hinault et Laurent Fignon, deux coureurs qui ont admis avoir pris des produits. Vous ne pouvez pas battre les meilleurs mondiaux qui se sont dopés sans prendre quelque chose vous-même. Mais Greg LeMond était le meilleur de sa génération, tout comme Bernard Hinault, Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Miguel Indurain. Et il en va de même pour Lance Armstrong. Nous avons gagné tous ces Tours grâce au talent, à la stratégie et à une préparation méticuleuse. »


« C’est surtout l’hypocrise qui fait le plus mal… »


Et après s’en être pris à Greg LeMond, c’est les dirigeants d’équipes françaises que Johan Bruyneel a décidé de vilipender. « C’est surtout l’hypocrisie qui fait le plus mal. Prenez Marc Madiot, Vincent Lavenu et Jean-René Bernaudeau, les éminences grises du cyclisme français. Ils continuent de me juger sur mon passé alors que ce qu’ils ont fait a été pardonné. » Et c’est notamment le patron de la Groupama-FDJ qui subit les foudres de l’ancien manager général de l’US Postal, ce dernier faisant une révélation sur le double vainqueur de Paris-Roubaix (1985 et 1991).

« J’ai fait une course par étapes à l’étranger lors de ma deuxième année professionnelle. J’étais complètement essoufflé entre les voitures de directeurs sportifs, mais j’ai tout fait pour terminer cette course. Le tirage au sort pour les contrôles antidopage a été annoncé à mi-parcours sur les ondes de Radio Tour. Marc Madiot est descendu à sa voiture, a entendu dire qu’il n’était pas concerné, a retroussé sa manche et s’est planté une seringue dans le haut de son bras. Cette image est restée dans ma tête toute ma vie. Et ce sont donc ces hommes qui continuent de me condamner ainsi que Lance », conclut Johan Bruyneel.