Il faut vraiment être stupide à un point inégalé pour oser prendre 45 millions de personnes pour des gogols et affirmer que la justice corrompue d’hier va juger les ministres et responsables politiques algériens, ceux-là mêmes qui ont mis en place cette corruption !


À la veille d’une présidentielle contestée, sont jugés des ministres et patrons corrompus de l’ère Bouteflika.

« Ce procès est celui de l’argent sale. Il va montrer que la lutte contre la corruption, ce n’est pas un slogan. Il va aussi prouver aux Algériens que la justice peut aussi bien punir le petit que le grand. » Pour cette source judiciaire, le procès qui doit s’ouvrir, ce lundi à Alger, est à plus d’un titre emblématique. Des procès spectaculaires, la justice algérienne en a vécu quelques-uns – notamment celui de l’ex-milliardaire Rafik Khalifa, ou plus récemment, celui plus expéditif et à huis clos, des deux ex-patrons des services secrets et du frère d’Abdelaziz Bouteflika -, mais elle n’avait jamais vu un tel casting convoqué à la barre des accusés.

D’abord, il y a les hommes politiques. Et pas n’importe lesquels: les deux ex-premiers ministres Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia ; trois anciens ministres de l’Industrie (Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda et Abdeslam Bouchouareb, que les médias algériens disent en fuite à l’étranger) ; l’ex-ministre des Travaux publics et des Transports, […]


Photo d’illustration : parmi les accusés se trouvent Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia (de gauche à droite, le 5 mai 2016, à Alger), deux ex-premiers ministres de Bouteflika. FAROUK BATICHE/AFP

Le Figaro
1er décembre 2019