Enfin une réflexion logique et raisonnable concernant la présentation des chiffres de cas positifs au coronavirus. Effectivement, après avoir doublé le nombre de tests par semaine en passant de 250 000 à 500 000, le gouvernement ne pouvait que multiplier le nombre de cas positifs par 2. Du coup, il serait plus logique de donner un pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de tests effectués, plutôt que de terroriser les gens à la moindre augmentation sans leur expliquer le pourquoi du comment. C’est tout simplement une distorsion de la réalité et une diffusion de fausses nouvelles.


Depuis plusieurs mois, l’Institut de Santé publique Sciensano publie les chiffres permettant d’évaluer l’évolution du COvid-19 dans notre pays.

Au début de l’épidémie, un rapport quotidien était publié et faisait état du nombre de cas positifs, d’admissions à l’hôpital et de décès liés au Covid-19. En juin dernier, Sciensano a décidé de publier des rapports axés sur l’évolution des tendances et non plus sur les chiffres journaliers. « Cela permet de mieux objectiver l’évolution de l’épidémie, indépendamment des fluctuations des chiffres journaliers », avaient justifié les professionnels.

Comment comprendre les chiffres de la contamination ? Comment les interpréter ? Comment les mettre en perspective ? Certains voudraient que le nombre de cas positifs soit mis en relation avec le nombre de tests réalisés. Pour le Centre de crise, les chiffres doivent être analysés globalement. Depuis le début du mois de mars, plus de 1.216.000 tests ont été effectués. 

Évaluer plutôt la positivité

Selon Bernard Rentier, ex-recteur de l’ULiège, il est important de relativiser les chiffres de l’épidémie. Selon lui, il faut les interpréter autrement qu’en désignant le pourcentage d’augmentation des infections par rapport aux 7 précédents jours. Bernard Rentier prône la présentation des résultats en évaluant le rapport de nombre de tests positifs par le nombre de tests réalisés. On parle ici de la « positivité ».

« Ça nous donnerait une bonne indication sur le nombre de gens positifs et non pas par rapport à la population totale mais par rapport au nombre de personnes qui ont été testées. Dans une ville où l’on teste très très peu, on peut ainsi avoir très peu de cas. Au Luxembourg, on a testé énormément de gens et il y a eu des positifs, mais dans une proportion raisonnable. Et ça les a quand même mis dans l’orange. Tant que l’on continue à ne pas parler de pourcentage de positifs parmi les testés, on a un biais d’information », indique-t-il. L’ex-recteur estime qu’il faudrait également préciser la proportion des personnes asymptomatiques et symptomatiques légers.


2 août 2020