L‘histoire du Tamiflu est très intéressante car elle montre avec précision à quel point le système de santé mondial est corrompu. L’histoire de ce médicament aussi inutile que dangereux nous rappelle également le scandale de la fausse pandémie de grippe A H1N1 de 2009 au cours de laquelle Roselyne Bachelot s’était illustrée par sa médiocrité et son incompétence.

Tout le monde savait que ce médicament n’avait absolument aucun intérêt contre la grippe. Ce qui n’a pas empêché le gouvernement français de dépenser plusieurs centaines de millions d’euros ni empêcher l’OMS de le marquer sur sa liste de médicaments essentiels. Pourtant, le prestigieux journal médical le BMJ avait alerté à de nombreuses reprises sur son inutilité et sa dangerosité. Il a fallu attendre que le brevet soit tombé dans le domaine public pour que l’OMS le retire de sa liste. Pendant cette grippe de 2009, il a été vendu plus de 18 milliards de dollars de ce médicament ! 18 milliards de dollars pour in fine constater en 2017 qu’il ne sert à rien ! Qui va rembourser les états qui ont dépensé une somme monstrueuse d’argent public ?

Nous sommes en train de vivre et revivre la même histoire de corruption et de mensonges aujourd’hui en 2021. Nous assistons au même type de falsification de données scientifiques par des experts corrompus par Big Pharma. À l’époque déjà, des responsables du CDC américain avaient affirmé que le Tamiflu était efficace contre cette grippe A. nous avons vécu en 2020  la même histoire avec le fameux Remdesivir de Gilead pour lequel de nombreux médecins et professeurs chef de service corrompus se sont succédé sur les plateaux télé pour nous affirmer que c’est un grand espoir pour lutter contre le coronavirus ! Vous connaissez aujourd’hui la fin de l’histoire de cette mystification scientifique .


L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a rendu publique la nouvelle version de sa liste des médicaments essentiels.

Parmi les changements cette année, le British Medical Journal  remarque que le traitement anti-grippal Tamiflu® (oseltamivir, Roche) est rétrogradé. L’antiviral ne figure plus que sur la liste complémentaire.

Une petite victoire pour le BMJ qui dénonce depuis plusieurs années l’importance accordé à un médicament dont il juge le rapport bénéfice-risque clairement surestimé (voir l’article Tamiflu : ni aussi efficace, ni aussi sûr que prévu).

« Le retrait de l’oseltamivir de la liste des médicaments essentiels est mieux que rien mais il arrive bien trop tard », commente le Pr Mark H. Ebell (Université de Georgie, Athens, États-Unis) dans un éditorial publié le 11 juillet 2017 [1].

À travers l’histoire du Tamiflu, le BMJ dénonce un système d’évaluation des médicaments encore trop opaque.

Le retrait de l’oseltamivir de la liste des médicaments essentiels est mieux que rien mais il arrive bien trop tard. Pr Mark H. Ebell

Tamiflu® : quel mécanisme d’action ?

L’oseltamivir agirait en inhibant les neuraminidases virales des virus de la grippe A et de la grippe B. Ces enzymes jouent un rôle essentiel dans la libération des particules virales nouvellement formées et dans la propagation du virus dans l’organisme. L’oseltamivir est administré par voie orale et se présente sous la forme d’une gélule.


Dans son éditorial, le professeur d’épidémiologie revient sur l’histoire du Tamiflu et en tire quelques grandes leçons.


L’histoire du Tamiflu® 

Le Tamiflu®  (oseltamivir) a reçu une AMM de la FDA en 1999 et de l’EMA en 2002. Son indication, le traitement de la grippe non compliquée dans les 48 h suivant l’apparition des symptômes, a été validée sur la base de deux essais randomisés (n=849, réduction des symptômes d’1,3 jour en moyenne).

Inquiets d’une épidémie de grippe aviaire et de la pandémie du virus H1N1 en 2009, des pays du monde entier ont fait des stocks d’oseltamivir. Et en 2010 au début de la pandémie H1N1, l’oseltamivir a été ajouté à la liste des médicaments essentiels de l’OMS.

Au final, l’oseltamivir a été vendu pour plus de 18 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros) à travers le monde, dont la moitié aux gouvernements pour constituer des stocks.

2017 : retrait du Tamiflu® de la liste des médicaments essentiels de l’OMS.


Suppositions et données non publiées

Le Pr Ebell souligne qu’en 2014, le directeur des Centers for Disease Control (CDC) américains indique que l’oseltamivir peut « prévenir les complications sévères et qu’en cas de grippe, l’administration précoce du traitement pouvait éviter une hospitalisation… ». Il explique : « les traitements antiviraux de la grippe sauvent des vies, mais malheureusement ils sont sous-utilisés. »  Enfin, il encourage la prise du traitement au-delà de deux jours après l’apparition des premiers symptômes.

Pourtant, au cours de la même période,  pour la FDA, il n’y a pas de preuves que l’oseltamivir réduise les complications, les admissions à l’hôpital ou la mortalité. L’agence américaine interdit même au fabricant d’utiliser ces arguments promotionnels.


Aude Lecrubier

Medscape Logo

27 juillet 2017