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Ce n’est pas la première fois que Fabien Engelmann a des soucis avec la justice. © AFP/ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN.

Encore un élu de l’exemplaire Front National qui est mis en examen pour une curieuse histoire de marché public dont la procédure n’a pas été respectée !


« Je trouve ça curieux que ça arrive et sorte à quelques semaines de la présidentielle », a déclaré l’élu au journal local « Le Républicain lorrain ».  

Après l’affaire des assistants parlementaires de Marine Le Pen, les ennuis judiciaires se poursuivent pour le Front national. Le maire frontiste d’Hayange, en Lorraine, a été placé en garde à vue cette semaine par la police de Nancy, révèle Le Républicain lorrain. Fabien Engelmann est soupçonné de ne pas avoir respecté le Code des marchés publics lorsque la municipalité procédait au remplacement de ses photocopieurs. Une facture qui se chiffre à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

« Il est possible qu’on ait fait vite »

En 2015, la mairie a fait remplacer des dizaines de photocopieurs pour ses écoles maternelles et primaires. « Le matériel était vétuste, ce n’était que du noir et blanc », tente de justifier aujourd’hui Fabien Engelmann. Le quotidien local précise que le maire d’Hayange a usé de son droit de garder le silence devant les enquêteurs et la juge d’instruction au cours de sa garde à vue. Les enquêteurs suspectent le maire frontiste de ne pas avoir respecté les règles du Code des marchés publics, qui impose notamment une mise en concurrence. « Il est possible qu’en 2015, on ait fait vite », a concédé l’élu FN au journal local, avant de sous-entendre un complot judiciaire à deux mois d’une échéance électorale décisive : « Je trouve ça curieux que ça arrive et sorte à quelques semaines de la présidentielle. »

Fabien Engelmann a été mis en examen par le juge d’instruction en charge de l’enquête, sans contrôle judiciaire. L’intéressé n’a pas souhaité commenter l’affaire outre mesure, expliquant simplement qu’il en dira plus « une fois les investigations terminées ». Et d’ajouter : « Je suis présumé innocent, et peut-être que ça se finira par un non-lieu. » Interrogé samedi après-midi par l’Agence France-Presse, il conteste les faits. « Je ne reconnais pas les faits. Nous allons examiner le dossier avec mon avocat et nous répondrons à toutes les questions du juge d’instruction. Je ne suis pas inquiet par cette affaire », assure-t-il.

« Les faits datent du début de l’année 2015. J’étais en fonction depuis 8-9 mois et nous avons loué une dizaine de photocopieurs couleur destinés aux écoles de la ville », avance-t-il. « Un contrat sur trois ans de quelques dizaines de milliers d’euros. Il s’agissait de répondre rapidement à un besoin. Nous avons suivi ce que faisait l’équipe de mon prédécesseur socialiste, qui a lui aussi commandé des photocopieurs sans passer d’appel d’offres et n’a jamais été inquiété », a expliqué Fabien Engelmann.

De nouveaux ennuis judiciaires

Ce n’est pas la première fois que Fabien Engelmann est confronté à la justice. Élu maire en avril 2014, il voit ses comptes de campagne rejetés quelques mois plus tard par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. La Commission lui reproche de ne pas avoir mentionné quelque 1 575 euros de frais ayant servi à éditer des dépliants électoraux, pris en charge par l’une de ses colistières et non par son mandataire financier comme la loi l’y oblige. Après le rejet de ses comptes de campagne, Fabien Engelmann est déclaré inéligible pendant un an et contraint de démissionner de son mandat de conseiller municipal d’Hayange. Il avait alors saisi le Conseil d’État, qui avait annulé sa peine d’inéligibilité, mais […]


Le Point / AFP