JO2024


Enfin une décision politique responsable de la part du nouveau maire de Rome. Pourquoi aller s’endetter de quelques 10 milliards d’euros pour organiser une fiesta ridicule de dopés tricheurs professionnels et laisser son peuple dans la misère et la saleté ! Bravo Mme Virginia Raggi ! Chapeau bas.


La maire de Rome Virginia Raggi retire son soutien à la candidature de Rome pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024.

Sans l’agrément de la ville, le Comité national olympique italien (CONI) n’a plus d’autre choix que de se retirer de la course. Après le précédent retrait de Hambourg, il ne reste plus que trois dossiers en lice : Paris, Los Angeles et Budapest.

Après 35 minutes d’attente, Giovanni Malago a compris. Le président du Comité olympique italien (Coni) avait rendez-vous avec Virginia Raggi. Mais la maire de Rome ne s’est jamais présentée et Malago a quitté l’hôtel de Ville passablement énervé. Quelques minutes plus tard, Virginia Raggi avait donné rendez-vous à la presse pour annoncer ce que tout le monde savait déjà : la Ville de Rome retire son agrément à la candidature pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Un coup de tonnerre prévisible, mais il manquait encore l’officialisation pour marquer la stupéfaction de tous. Mercredi, Virginia Raggi a asséné le coup de massue en déclarant qu’il serait irresponsable d’aller plus avant dans le processus, précisant « qu’en vertu des données disponibles, ces Jeux ne sont pas viables, ils n’entraîneront que des dettes« . « Non aux Jeux du béton! Absolument non! Non aux cathédrales dans le désert« , a martelé Mme Raggi. « Nous n’hypothèquerons pas l’avenir de cette ville« , a ajouté la maire. Pour elle, les Jeux sont toujours « une sorte de rêve qui se transforme en cauchemar » pour les habitants et avant tout « une bonne affaire pour les lobbies« . « Nous avons un projet pour Rome bien plus ambitieux« , a-t-elle assuré, en promettant de lancer un vaste programme de restructuration des équipements sportifs communaux, assurant que les Romains attendaient de toutes façons qu’on résolve d’abord les problèmes de transports et de propreté de la ville.

Avant même son élection, en juin dernier, la nouvelle maire de Rome s’était prononcée contre la candidature de Rome. Elle a répété durant toute sa campagne que les JO ne pouvaient pas être une priorité pour la capitale italienne. A plusieurs reprises, elle a nettement marqué son opposition au dossier alors que Rome doit composer avec une dette de 13 milliards d’euros. Le Coni promettait que l’organisation des JO 2024 ne coûterait pas un centime aux contribuables romains. Le budget, évalué à 5,3 milliards d’euros, serait entièrement à la charge du comité olympique, des sponsors et de l’Etat italien, avançait Giovanni Malago. Le président du comité de candidature a déclaré mercredi que le « non » de la nouvelle maire au projet faisait « mal », mais qu’il attendait une décision officielle de la ville. « Je suis vraiment désolé, parce que les règles du jeu avaient changé et qu’il était possible de réussir et de le faire bien« , a déclaré Giovanni Malago. Et malgré l’annonce de Mme Raggi, il a estimé que le dossier restait « ouvert » jusqu’au 7 octobre, date à laquelle le Comité international olympique (CIO) attend la deuxième partie des dossiers de candidature. « Le conseil municipal sera responsable de ce qui a été annoncé aujourd’hui. Nous, nous avançons jusqu’à ce qu’il y ait une décision officielle« , a-t-il insisté. Le président du Coni a aussi mis en avant des sondages récents qui selon lui montrent que les Romains étaient favorables à cette candidature et affirmé que le comité de candidature était même « prêt à accepter un référendum » local. Il est « impossible de dire après deux ans qu’on a changé d’avis« , a-t-il martelé, accusant Mme Raggi et son équipe de dilettantisme, voire de mensonges, sur ce dossier. « Je conseille à la maire et à son adjoint de ne pas présenter au conseil municipal leur texte sur le retrait de la candidature. C’est un texte pris sur Wikipedia, qui parle de villes qui n’ont jamais été candidates, comme Hambourg ou Boston. C’est embarrassant. (Ces villes) n’avaient pas commencé la course« , a-t-il regretté.

Le dossier avait également le soutien appuyé du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui a déjà exprimé sa colère contre la volonté du M5S (le mouvement dont est issue Virginia Raggi) d’enterrer la candidature. Le blog du fondateur du mouvement, Beppe Grillo, auquel elle a juré une fidélité absolue, a publié il y a dix jours une tribune intitulée : « Les Jeux à Rome ? Non merci ! ». Tout est dit.

L’histoire se répète en tout cas pour Rome: en 2011, le Coni avait déjà renoncé à une précédente candidature pour les JO 2020, le chef du gouvernement de l’époque, Mario Monti, ayant estimé que le pays, alors en pleine crise budgétaire, n’en avait pas les moyens. Virginia Raggi s’est d’ailleurs appuyé sur ce précédent pour justifier sa décision.

Ce retrait du soutien de la mairie de Rome revient à enterrer le projet italien, au bénéfice des trois autres candidats, Paris, Budapest et Los Angeles.

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