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Jacques Attali et Richard Attias sont les cofondateurs du forum Global Positive Forum, un événement international dont la première édition s’est tenue le 1er septembre et qui se veut le fer de lance d’une révolution positive et planétaire. (Crédits : DR)

Le monde entier n’attendait que ces deux clowns pour le guider et l’illuminer de leurs savoirs et sagesses ancestrales… Blague à part, voilà comment les mondialistes apatrides millénaristes avancent à petits pas, déclarant vouloir le bien de l’Humanité alors qu’en réalité, ils ne sont là que pour mettre en place le projet du Nouveau Désordre Mondial.

40 ans d’erreurs et de choix catastrophiques pour la France, 40 ans de « conseils » aux présidents français pour un résultat lamentable que nous vivons tous ;  pourtant, Attali ne cesse de donner encore son avis et les médias lui donnent toujours la parole quasi quotidiennement. À part ça, dormez tranquilles, le complot n’existe pas !


Le 1er septembre se tenait à Boulogne-Billancourt la première édition du Global Positive Forum, un événement international qui se veut le fer de lance d’une révolution positive et planétaire.
Plus de 1.500 participants politiques, entrepreneurs, étudiants, chercheurs, artistes sont venus exposer leurs solutions pour construire le monde de demain et donner naissance à un mouvement global. Entretien avec les cofondateurs du forum, Jacques Attali et Richard Attias, en attendant un premier bilan, en mars 2018.

La Tribune – En quoi consiste la révolution positive que vous lancez avec ce premier forum ? Concrètement, comment allez-vous agir ?  

Jacques Attali – Pour nous, être positif, c’est penser que demain peut être mieux qu’hier, et qu’il faut toujours avoir en tête de travailler dans l’intérêt des générations futures. C’est la vocation de la Fondation Positive Planet, qui fêtera ses 20 ans l’année prochaine : rassembler des gens qui travaillent dans l’intérêt des générations suivantes. Et il n’y a pas que l’économie qui soit positive, il y a aussi la société, la politique, la philosophie, la culture, tout comme il est important de rappeler qu’il existe une société, une politique, une philosophie qui sont négatives. Or une économie négative, c’est une économie qui détruit l’environnement, qui fait des dettes, c’est une société qui maltraite les enfants, les femmes, les pauvres, les plus vulnérables et, parmi eux, il y a les générations prochaines. La France, avec le tournant récent, a vocation à être positive.

Richard Attias – Avec le Global Positive Forum, nous souhaitons lancer un mouvement planétaire à l’instar du Global Citizen aux États-Unis, mouvement qui implique beaucoup de politiques et d’artistes, construit sur les fameux objectifs du millénaire des Nations unies. Ce mouvement a réuni pas loin de 600 000 personnes en novembre dernier en Inde, lors de la deuxième édition de son festival. Nous observons de plus en plus cet engagement des populations partout dans le monde. La société civile prend conscience de la nécessité de penser positif pour se battre et contribuer à éradiquer les points négatifs que vient d’évoquer Jacques. Or la France était un peu en retard sur ce mouvement- là. J’ai l’espoir que le forum d’aujourd’hui va beaucoup contribuer à cette mobilisation positive dont l’objectif est de trouver des solutions pour l’avenir. Car c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Soyons clairs : il y a un ras-le-bol général des rassemblements qui, au-delà de la pensée, n’aboutissent à aucune concrétisation. Aujourd’hui, nous souhaitons passer à l’action.

J.A. – Une solution positive et planétaire est possible. C’est pourquoi nous lançons les États généraux de la planète, une consultation planétaire dans laquelle un maximum de gens disent ce qu’ils pensent et donnent leur point de vue sur ce qu’il est utile de faire pour que la planète se porte mieux. Nous porterons le message ainsi défini au G7 et au G20 de l’année prochaine, au Canada et en Argentine, de façon à peser sur l’action des chefs de gouvernement qui ont tendance à s’occuper de l’urgent plus que de l’important. Or la priorité est de ne pas attendre que l’important soit devenu urgent pour s’en occuper. Nous allons donc, tous ensemble, être force de propositions. On peut imaginer toutes sortes de projets, comme un moratoire sur l’intelligence artificielle. Personnellement, je rêve d’un passeport planétaire. En fait, le but est de nourrir le débat et de créer des groupes de travail avec des experts du monde entier.

L’explosion démographique pose un vrai problème. Dans trente ans, on va passer de 7 à 9 milliards d’habitants. Peut-on promettre un avenir meilleur dans un monde de ressources rares ?

J.A. – C’est très difficile. Nous sommes en effet nombreux, mais il faut vivre avec. La planète, bien gérée, a les moyens de nourrir 12 milliards de personnes, c’est la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Ndlr] qui l’affirme.

Il y a encore énormément de zones désertiques habitables, nous avons encore la place pour une croissance démographique raisonnable, le problème est une question d’État de droit et de mode de consommation. Il est évident qu’on ne pourra pas continuer à consommer l’eau comme nous le faisons aujourd’hui. On manque déjà d’eau et si l’on veut en réduire la consommation, il faudra très certainement devenir tous végétariens. Nos modes de vie doivent changer. C’est maintenant que ça se prépare. Les jeunes générations l’ont bien compris et trouvent leur bonheur dans autre chose que l’accumulation des biens matériels. Des révolutions sont en train de se faire, comme le passage à la voiture partagée. Le milliard de voitures existant sur la planète n’a plus de raison d’être : voilà un énorme pan qui va disparaître.

Changer le monde est-ce possible ?

J.A. – Le progrès technique doit être une solution au problème du climat, mais il faut agir de toutes les façons possibles : la pression gouvernementale, la pression de l’opinion publique Nous mêmes devons faire pression. C’est pourquoi nous allons sortir un indice de positivité des entreprises pour dissuader les financiers de financer des entreprise qui ne soient pas positives.

R.A. – À prix égal et compétences égales, il est primordial de privilégier les entreprises qui ont un engagement positif pour la société. Des instruments de mesure et d’encouragement sont nécessaires. Il y a une dizaine d’années encore, les jeunes diplômés choisissaient l’entreprise dans laquelle ils voulaient travailler sur des critères de performance et d’image. Aujourd’hui, c’est l’engagement responsable de l’entreprise qui prime. Et on le voit aux États-Unis : à l’issue de leur première expérience professionnelle, les jeunes quittent l’entreprise pour s’engager deux ou trois ans dans une ONG, ou dans un groupe philanthropique. La génération des millennials a ce besoin d’engagement positif.

J.A. – Oui, elle a besoin d’être fière de son entreprise. De donner du sens à ses activités professionnelles, à sa vie. Tout le monde peut contribuer à trouver des solutions pour la planète. Tout le monde peut s’engager pour que le monde de demain soit meilleur qu’aujourd’hui.


Propos recueillis par Valérie Abrial et Philippe Mabille – La Tribune