À l’évidence, l’auteur de ce sophisme pour le moins malhonnête, publié en 2010, est un athée invétéré – un athégriste impénitent pourrait-on dire – qui, en opposant les préceptes du christianisme à ceux de l’islam en ce qui concerne la lapidation, s’en prend en fait à ces deux grandes religions monothéistes abrahamiques sous le prétexte fallacieux qu’elles seraient violentes. Par contre, il ne dit rien sur la violence de l’adultère qui détruit les âmes, les familles et les sociétés humaines. De cela, J-P Bédol n’en a cure !

On peut considérer que l’amputation d’un membre est, elle aussi, violente et sauvage ; mais, en aurait-on la même perception s’il s’agissait d’une amputation réalisée pour sauver la vie d’une personne atteinte de gangrène ?

Ne peut-on pas considérer l’adultère comme la « gangrène » du couple et de la société ? Bien sûr, le soixante-huitard J-P Bedol dont la doctrine est de s’interdire tout interdit d’ordre religieux ou moral, s’offusquera de cette comparaison, sans doute impertinente à ses yeux, alors que les conséquences sont funestes : divorces, dépressions, meurtres, familles monoparentales, enfance perturbée, etc.

Cela dit, la lapidation a depuis longtemps disparu des us et coutumes et n’est donc pas d’actualité, alors que l’infidélité conjugale fait florès à tel point qu’elle est au centre d’un business juteux et honteux, se traduisant par la prolifération de sites de rencontre pour infidèles, au slogans évocateurs :  « Restez fidèle… à vos désirs » , « tout le monde peut se tromper ». Cette évolution des mœurs  – involution pourrait-on dire – traduit la dégénérescence de la société et le déclin de notre civilisation.


Le sujet fait aujourd’hui la Une des médias.
Bien sûr il ne s’agit pas du médiocre dossier d’Eric Woerth qui prétend être lapidé. Non, la lapidation, la vraie, est une mise à mort dans des conditions semble-t-il effroyables. La mise à mort d’un être humain, une femme, un homme ou un enfant, par jets de pierres alors que son corps, futur supplicié, est enterré jusqu’à hauteur de la poitrine.
L’Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani est aujourd’hui la cause de la mise sur le devant de la scène mondiale de cette pratique que nous, occidentaux et chrétiens, qualifions de barbare, d’un autre siècle.
Beaucoup d’entre nous profitent d’ailleurs de cet événement pour rappeler, du moins le croyons-nous, que cette pratique est typiquement musulmane car textuellement encouragée par la Charia. Charia, la loi islamique tirée des versets du Coran.
On se trompe ! Ayant lu et souvent relu les livres saints des croyances monothéistes, la lapidation n’est pas du tout écrite dans le Coran.
Tout au plus peut-on lire dans le Coran (Sourate 24-2) que la personne suppliciée recevra 100 coups de fouet, sans aucune indulgence et que la personne qui dénonce à tort, en recevra 80 (Sourate 24-4). Un autre supplice musulman est décrit dans la Sourate 4-15, et énonce qu’il suffit de 4 témoins pour qu’une femme coupable d’infamie soit enfermée jusqu’à la mort, dans sa maison.
Bien sûr tout cela nous paraît cruel, barbare et d’un autre temps. Et le Dieu des musulmans, qui est le Dieu d’Abraham (Sourate 37-103 et versets suivants), est loin d’être Amour pour proposer un tel supplice.
Et dire que des milliers d’enfants peuvent apprendre par cœur, de telles horreurs dans le Coran de leurs parents !
Mais soyons clairs, le fouet bien que mortel n’est pas la lapidation.
Non, la lapidation n’est pas inspirée par le Coran. La lapidation est une prescription de Dieu. Le Dieu, celui aussi d’Abraham, mais du côté chrétien pour la lapidation ! Oui, une pratique bien chrétienne largement détaillée dans de nombreux versets de la Bible.
Alors, j’entends déjà ici, certains lecteurs crier au blasphème, à l’antéchrist, au suppôt de Satan. D’autres peut-être, dans un autre temps, auraient crié « qu’on mette JP Bédol sur le bûcher ! ». Qu’ils crient, qu’ils crient ! Comme d’habitude ceux qui crient à la haine n’ont pas lu le texte support de leur croyance. Leur foi en leur Dieu, le père, le Fils et le Saint-Esprit n’est, semble-t-il, pas aussi Amour que leur curé ou leur pasteur veut bien le leur faire croire.
Que dit la Bible ?
D’abord sur le nombre de témoins pour condamner quelqu’un à mort par lapidation ou tout autre procédé, la Bible est beaucoup plus restrictive que le Coran. Elle n’en demande que deux ou trois comme cela est écrit dans l’Evangile Mathieu 18.16 et dans le Deutéronome 17.6, là où le Coran en demande quatre (Sourate 4-15).
Quant à la lapidation, c’était une pratique courante chez les chrétiens. Jésus ne dit-il pas dans l’Evangile de Jean 8.7 « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ».
Pratique tellement courante que la Bible la décline comme punition mortelle dans 9 versets.
Cinq fois dans le Deutéronome. Verset 13-10 « tu le lapideras […] » ; verset 17-5 « tu lapideras ou puniras de mort cet homme ou cette femme » ; verset 21-21 « tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra » ; verset 22-21 « elle sera lapidée […] » et verset 22-24 « vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville […] ».
Deux fois dans les Nombres, en 15.35 : « l’Éternel dit à Moïse : cet homme sera puni de mort, toute l’assemblée le lapidera hors du camp » et en 15.36 « toute l’assemblée le fit sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse ».
Deux fois dans les Chroniques 2. Verset 10.18 « alors le roi Roboam envoya Hadoram, qui était préposé aux impôts. Mais Hadoram fut lapidé par les enfants d’Israël, et il mourut. Et le roi Roboam se hâta de monter sur un char, pour s’enfuir à Jérusalem » ; verset 24.21 « et ils conspirèrent contre lui, et le lapidèrent par ordre du roi, dans le parvis de la maison de l’Éternel ».
Ce constat est bien sûr terriblement édifiant. Le Dieu des chrétiens, qui est aussi le Dieu d’Abraham, est loin d’être Amour pour proposer un tel supplice.
Et dire que des milliers d’enfants peuvent lire de telles horreurs dans la Bible de leurs parents !
Alors, que faire, face à des croyances d’une telle cruauté ?
Faut-il interdire la Bible et le Coran ? La loi le permet. Toute apologie de crime est interdite. Il suffirait que l’Etat, laïc, ait le courage d’appliquer la loi commune à ces deux croyances d’un autre temps.
Ou alors, pourquoi ne pas demander à ces grandes religions de réécrire leur texte, le Coran et la Bible ?
Arrêtons de leur laisser croire que c’est leur Dieu qui en a été l’inspirateur ou même le rédacteur ! C’est totalement hypocrite !
Un vrai Dieu, un bon Dieu, n’aurait pas rédigé de telles atrocités. Ces atrocités sont typiquement humaines.

j-p. bédol  –  Agoravox