Information intéressante qui va nous permettre d’y voir plus clair. Il faut dire que le parjure est devenu un sport national en France.


Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête après les signalements du député LFI Ugo Bernalicis, président de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Le préfet de Police de Paris, Didier Lallement ainsi que cinq hauts magistrats sont visés par une enquête pour « faux témoignages », après des signalements du député LFI Ugo Bernalicis, a indiqué ce jeudi soir le parquet de Nanterre, confirmant une information de 20 minutes. Ils sont ainsi soupçonnés d’avoir tenu des propos mensongers lors de leurs auditions devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ce sont les signalements, en septembre, du président de cette commission, le député LFI Ugo Bernalicis, qui ont entraîné l’ouverture de l’enquête par le parquet de Nanterre. Il avait saisi le procureur de la République de Paris pour une série de déclarations « mensongères » sous serment.

Outre Didier Lallement, sont visés par cette enquête le président de la cour d’appel de Paris, Jean-Michel Hayat, la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, le procureur de Paris, Rémy Heitz, et l’ancienne procureure du Parquet national financier (PNF) Eliane Houlette.

« Des mensonges ont été délibérément prononcés »

Est visé en premier lieu le procureur lui-même, Rémy Heitz. Ugo Bernalicis a pointé, dans un courrier adressé à la justice, une note interne sur le sort de gilets jaunes interpellés, alors que Rémy Heitz avait assuré n’avoir « signé aucun document donnant des instructions à [ses] collègues ». Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, qui est devenu depuis le mouvement des gilets jaunes le visage des violences policières, est quant à lui accusé de ne pas avoir dit la vérité lorsqu’il a indiqué ne pas avoir « trouvé les organisateurs » de manifestations de policiers non autorisées en juin.

Concernant Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, et Eliane Houlette, ancienne procureure du Parquet national financier, Ugo Bernalicis met en avant des « déclarations discordantes » sur des interventions dans le cadre de l’affaire Fillon. « Des mensonges ont été délibérément prononcés », en déduit le député du Nord. Le président de la Cour d’appel de Paris et ancien président du tribunal de Paris, Jean-Michel Hayat, est aussi soupçonné de « parjure » sur les raisons de la désignation du juge Tournaire dans le même dossier Fillon. Des signalements concernant le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, et l’ancien procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, sont eux « en cours de traitement » par le parquet de Paris.

Le faux témoignage est passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.


Photo d’illustration : Didier Lallement, le 5 juillet à Paris. Photo Thomas Coex. AFP

Libération / AFP

14 janvier 2021